« Femmes au volant, mort au tournant »… Encore enraciné dans certains esprits et traduisible dans toutes les langues, ce vieux dicton sexiste, qui a traversé le temps et les océans, a-t-il une résonance particulière chez la jeune génération saoudienne depuis que la gent féminine peut légalement s’emparer du volant ?

C’est ce que craint fort une large majorité de ces conductrices en herbe ou déjà aguerries, en apprenant la folle course-poursuite qui a eu lieu récemment à Tabuk, entre la police du royaume et une vraie fausse automobiliste roulant à vive allure, jusqu’à zigzaguer dangereusement.

La stupeur des premiers instants passée, elles sont en effet nombreuses à partager la même conviction intime : le jeune saoudien de 19 ans, déguisé en femme, qui a été intercepté au terme d’un très périlleux et illégal « tafheet » (ces rallyes automobiles qui font fureur en Arabie saoudite), n’a pas enfreint la loi, sous un travestissement cherchant à abuser les policiers lancés à ses trousses, juste pour le « fun »…

A leurs yeux, il a sciemment agi ainsi pour jeter le discrédit sur les femmes au volant et raviver  le vieux dicton qui en fait, depuis toujours, de véritables dangers publics.

Du côté des internautes masculins, une autre théorie est échafaudée : selon eux, ce jeune casse-cou, adepte du « tafheet », était persuadé que la police ne se lancerait pas à la poursuite d’une voiture conduite par une femme et que, par conséquent, il n’encourrait aucune sanction, dissimulé sous une abaya.

Alors que les motivations de cette tête-brûlée du désert sont, pour l’heure, entourées de flou, l’affaire de son arrestation, spectaculaire et haute en couleur, continue de faire grand bruit sur les réseaux sociaux du royaume wahhabite, mettant Twitter dans tous ses états…

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