Muhammad n’est pas le seul prénom interdit aux Ouïgours du Xinjiang. Découvrez la liste des prénoms que cette minorité ne peut donner à leurs enfants sous peine de sanctions.

La Chine poursuit une série de mesures de contrôle et de répression envers les Ouïgours. Dernière en date : un certain nombre de prénoms musulmans sont désormais interdits à l’état civil. (photo : news.cn)
Le rouleau compresseur de la Chine continue à s’abattre sur la communauté des Ouïgours, bouc émissaire tout désigné du pouvoir central qui souhaite leur assimilation par la force. L’existence de camps d’internement massifs des Ouïgours ont été récemment révélés au grand jour. Selon un récent rapport du chercheur allemand Adrian Zenz, jusqu’à un million de personnes est passé par ces camps depuis 2017.

Interdiction de jeûne pendant le Ramadan, campagnes de confiscation de livres de Coran, ou encore interdiction du port du voile et de la barbe… Les mesures de contrôle des Ouïgours sont légion.

Mais voilà aussi que le gouvernement chinois a dressé, depuis 2017, une nouvelle liste de prénoms interdits dans la province de Xinjiang, où cette minorité ethnique est principalement établie.


Une mesure parmi tant d’autres

Depuis 2015, le gouvernement chinois a déjà interdit une quinzaine de prénoms dits musulmans mais, depuis le mois d’avril 2017, une vingtaine d’autres a été rajoutée à la liste « Naming Rules for Ethnic Minorities », témoignant de la répression vécue par les Ouïgours.

Les parents qui donneront des prénoms considérés comme « religieux » à leurs enfants compromettront en effet sérieusement leur avenir, car un enfant portant un prénom interdit ne pourra obtenir un hukou, un document de citoyenneté sans lequel l’enfant ne pourra accéder aux systèmes de soins, d’éducation et d’emploi.

Parmi les listes des prénoms interdits figurent Muhammad, Fatima et Aïcha mais aussi, depuis 2017, Arafat, Azhar, Haji, Hussein, Imam, Islam, Johad, Jundullah, Mecca, Medina, Muhtehid, Mujahid, Muydun, Muslim, Mujahideen, Nasrullah, Ossama, Qilhire, Quran, Sada, Saddam, Sumayyah, Suriye, Talib, Turkizat, Usana, Wahab, Zakaria, Zikrullah.


Une répression qui fait bondir les défenseurs des droits humains

Indignée, la présidente de Human Rights Watch en Chine, Sophie Richardson, avait affirmé au Guardian que cette interdiction était « la dernière d’une série de nouvelles régulations qui restreignent la liberté religieuse au nom de la lutte contre l’extrémisme religieux ».

Pour elle, « ces politiques sont une violation flagrante des règles internationales aux droits à la liberté de croire et d’expression ». Si le but du gouvernement chinois était de chercher une stabilité et une harmonie sur le territoire du pays, « il devrait reculer sur les lois répressives et non pas les doubler ».

Saphirnews.com

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