La panique s’est emparée de la population de Wangata, ville du nord-ouest de la RDC où un cas d’Ebola a été confirmé jeudi par les autorités. L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a parlé d’une “situation très préoccupante” jeudi.

« Un nouveau cas (…) a été confirmé à Wangata, l’une des trois zones sanitaires de Mbandaka, une ville de près de 1,2 million d’habitants de la province de l’Équateur dans le nord-ouest de la RDC », a indiqué l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) dans un communiqué jeudi 17 mai.

« L’arrivée d’Ebola dans une zone urbaine est très préoccupante et l’OMS et ses partenaires travaillent ensemble pour intensifier rapidement la recherche de tous les contacts du cas confirmé dans la région de Mbandaka », a déclaré le Dr Matshidiso Moeti, directeur régional de l’OMS pour l’Afrique.

Le 8 mai, les autorités de la RDC avaient déclaré une épidémie d’Ebola dans le Nord-Ouest, près du Congo-Brazzaville. L’OMS a comptabilisé au total 44 cas (3 cas confirmés, 20 probables et 21 suspects) et 23 personnes sont mortes. Mais jusqu’à présent, tous les cas confirmés d’Ebola avaient été signalés dans une zone rurale très difficile d’accès, dans la région de Bikoro, située au nord-est de Kinshasa.

Il y a un risque réel d’une amplification nationale et régionale de l’épidémie, alerte l’OMS

Mbandaka étant située sur le fleuve Congo et reliée à Kinshasa par de nombreuses liaisons fluviales, « il y a un risque réel d’une amplification nationale et régionale » de l’épidémie, a mis en garde Peter Salama, directeur du Programme de gestion des situations d’urgence de l’organisation.

« Nous estimons à plus de 300 personnes (ceux) qui ont été en contact direct ou indirect avec des personnes contaminées par le virus Ebola à Mbandaka », a déclaré un médecin d’un hôpital général de la ville.

Le gouvernement provincial de l’Équateur a fait état vendredi de « trois cas suspects » à Mbandaka, « dont deux se trouvent à l’église du Temps de la fin » et « un cas typique à l’église Makapela », dans un quartier de la périphérie de la commune de Wangata.

D’après les autorités citées par Médecins sans frontières (MSF), « 514 personnes auraient été en contact avec des cas connus » de malades d’Ebola. Ces personnes sont « sous surveillance », selon l’OMS.

 

« On se demande comment on va sortir vivant »

L’insouciance constatée jeudi matin  à Mbandaka a vite tourné à la panique à la mi-journée, lorsque la population a appris par la radio la confirmation d’un cas d’Ebola dans la ville. À l’entrée des bars, gargotes et restaurants de fortune et de plusieurs édifices publics, des gens s’alignent pour se laver les mains avec du savon liquide dans des bassines d’eau.

« Je cherche un bateau pour quitter Mbandaka (par le fleuve Congo). Les autorités ont laissé la maladie arriver jusqu’ici, nous risquons d’être exterminés dans le camp où les conditions hygiéniques sont mauvaises », a déclaré Constantine Boketshu, épouse de militaire.

« En temps normal, les hôpitaux sont dépourvus de médicaments, on se demande comment on va sortir vivant, si la maladie se propage dans la ville », s’est interrogée, amère, Adolphine Dikela, vendeuse dans un marché.

Vaccin expérimental

À l’aéroport de la ville, les agents du ministère de la Santé prennent la température des voyageurs à l’aide des thermomètres laser. Tandis que dans de nombreux ports, des voyageurs ne sont pas encore soumis à ce contrôle.

« Je ne viendrai plus vendre mes poissons à Mbandaka pour éviter d’être contaminé par cette maladie et la propager dans mon village où il n’existe aucun centre de santé », a dit à l’AFP Jean-Pierre Kelokelo, pêcheur sur le fleuve Congo.

L’arrivée d’Ebola en zone urbaine intervient alors qu’un lot de 5 400 doses d’un vaccin expérimental contre le virus, en provenance de Genève, a été réceptionné mercredi par les autorités.

Lundi dernier, Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’OMS, avait affirmé que tout était désormais prêt pour le déployer et espérait pouvoir diffuser le vaccin « à la fin de la semaine ». « C’est l’objectif que nous visons mais si nous avons des difficultés, (ce sera) à partir de lundi ».

Par Jeune Afrique avec AFP 

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