Le mois de Ramadan est le moment par excellence de la solidarité prônée par l’Islam. Cette solidarité doit se manifester aussi bien au sein de la communauté musulmane elle-même qu’en dehors de celle-ci. Mais du point de vue pratique au niveau collectif et communautaire comment cela doit être vécue et organisée de façon pérenne ?

On le sait, spontanément et naturellement beaucoup de musulmans font des dons à leurs parents, amis, et connaissances sans grands moyens. Mais cela est-il suffisant pour permettre à tous ceux qui sont dans les besoins, d’être satisfaits au moins pour les trente jours du saint mois du Ramadan ? bien sûr que non ! Alors que faire ? La réponse collective à la réalisation effective de la problématique de la solidarité au mois de Ramadan, ne peut et ne doit passer que par les Imams, et les mosquées. Les Imams de part leurs qualités de sachants, et les mosquées de part leurs rôles de rassemblement sur le même espace à la fois des donateurs et des nécessiteux.

Il y a quelques années, face à l’instrumentalisation politicienne et tendancieuse, des dons des institutions officielles, les Imams avaient demandé aux cadres de réfléchir à une autonomisation du système de dons en faveur des imams.  Ce qui a abouti au lancement de “ L’OPERATION SOLIDARITE RAMADAN“

Elles consistent à demander à chaque musulman, et à chaque musulman, de faire dans sa mosquée un don unique comprenant : 1 paquet de sucre (900f), un kilo de riz (500), une boite de lait (400f) et la somme de 500f, soit au total 2300f CFA par musulman. Les dons ainsi collectés étaient distribués de la façon suivante :

1/3 pour les imams, 1/3 pour les démunis de la mosquée, 1/3 pour les œuvres sociales diverses.

Cette opération a permis de collecter et distribuer des milliers des tonnes de sucre, de boites de lait, à Abidjan, et dans les confins des quatre coins cardinaux du pays.

Aussi le mois de Ramadan était devenu un mois de mobilisation générale à tous les niveaux. Depuis les tout petits jusqu’aux plus grands, chacun devrait s’acquitter de son don. Les enfants harcèleraient leurs parents pour pouvoir faire leurs dons à la mosquée du quartier, comme leurs camarades. Toutes les mosquées étaient donc inondées de dons. Les Imams n’attendaient plus uniquement que les gros donateurs ou les dons des hommes politiques. Les démunis ne se promenaient plus de mosquée car chaque mosquée était devenue une donatrice de dons pour les orphelinats et les centres sociaux accueillant les personnes les plus vulnérables. Bref, le mois de était devenu un vrai mois de solidarité pour tous sans distinction aucune de religions et d’origines.

Telle est une réalité la vocation de l’Islam et les musulmans dans la société. Cela est d’autant plus que nous vivons en Côte d’Ivoire dans une société laïque, multi-religieuse et multiculturelle. Dans ce rendez-vous du Donner et du Recevoir, la communauté musulmane doit se donner les moyens pour être à la fois solidaire à l’intérieur et à l’extérieur de son cercle. Ce n’est pas seulement et simplement une question de solidarité, c’est aussi et surtout une double question de responsabilité sociétale et d’image de l’islam si écorchée dans les médias.

En un mot comme en cent, le COSIM , les Imams, et les responsables des associations et communauté musulmanes, devraient se mettre ensemble pour assurer à la communauté musulmane sa totale autonomie pour la Collecte, la Distribution et la Gestion efficiente des Dons du mois de Ramadan. Ceci est une condition minimale pour l’émergence de notre communauté.

Par ABOU KHALFATIM

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