« Si le groupe Bolloré se développe en Afrique, c’est parce qu’il prend des risques. » Le milliardaire breton aime à magnifier son audace entrepreneuriale sur le continent où son groupe a enregistré 2,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2017.

Dans les rues d’Abidjan, de Conakry, de Lomé ou d’autres villes où son groupe gère en tout dix-huit terminaux à conteneurs, il incarne pourtant, pour la jeunesse populaire comme pour la nouvelle élite, une « Françafrique » désuète et anachronique. Vincent Bolloré n’en a cure et confiait volontiers au Monde que les méthodes de son groupe relèvent plus du « commando que de l’armée régulière ».

Le capitaine d’industrie, ami personnel de l’ancien président Nicolas Sarkozy et de chefs d’Etat africains, a peut-être pris trop de « risques ». Mardi 24 avril, il s’est rendu à la convocation de la police judiciaire qui l’a placé en garde à vue ainsi que deux autres cadres du groupe et un homme d’affaires.
Opérations politico-commerciales

Deux jours et une nuit plus tard, Vincent Bolloré a été mis en examen, mercredi, pour « corruption d’agents publics étrangers », « complicité d’abus de confiance, de faux et d’usage de faux ». Une déflagration pour celui qui n’a de cesse de poursuivre les journalistes qui enquêtent d’un peu trop près sur l’activité de son groupe au sud du Sahara. La justice française s’intéresse aux conditions d’obtention de deux terminaux à conteneurs du groupe Bolloré au Togo et en Guinée où il a pu prospérer ces dernières décennies.

Dans ces deux pays, Vincent Bolloré entretient des relations de proximité voire d’amitié avec les chefs d’Etat qu’il tutoie. Au point de se retrouver aujourd’hui accusé de les avoir aidés à prendre le pouvoir, en mettant à disposition le savoir-faire de ses stratèges en matière de politique africaine et de campagne présidentielle.

Car au sein de son groupe se côtoient de vieux acteurs des intrigues franco-africaines…

lemonde.fr

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