Une étude américaine montre que le désert africain a vu sa taille augmenter de façon significative, en partie à cause du changement climatique.

Le plus grand désert de sable au monde continue régulièrement de gagner du terrain sur les terres arables. Une étude de l’université du Maryland, publiée dans le Journal of Climate et relayée par Futura, montre en effet que celui-ci a vu sa surface augmenter de 10 % entre 1920 et 2013. Si les limites du Sahara sont fluctuantes en fonction de la saison, cette tendance générale à l’expansion est confirmée par l’étude des précipitations tombées sur cette étendue de 8,5 millions de kilomètres carrés durant cette période de 93 ans. À noter que la « progression » d’un désert ne consiste pas à proprement parler à une avancée du sable, mais à un assèchement progressif des sols se trouvant à sa limite.

Une zone aride est considérée comme telle lorsqu’elle reçoit moins de 250 millimètres de précipitations par an, soit un volume inférieur à celui de l’évapotranspiration potentielle, qui représente la quantité d’évaporation qui pourrait se produire dans le cas d’un apport d’eau suffisant. Particulièrement criant pendant l’été, le manque d’eau est un facteur d’expansion des déserts. Les différents cycles climatiques peuvent naturellement contribuer à ce phénomène, mais selon les scientifiques auteurs de l’étude, le changement climatique causé par l’homme a également une grande part de responsabilité dans cette évolution.

D’autres déserts touchés ?

La partie nord du continent africain s’est ainsi davantage réchauffée que la moitié sud, causant une avancée progressive de la limite méridionale du Sahara vers le Sahel. Selon les universitaires américains, le lac Tchad, qui s’assèche de manière flagrante (il ne fait plus que 10 % de la surface qu’il occupait dans les années 60), est un témoin de ce réchauffement et de ses conséquences sur la topographie de cette région de l’Afrique.

Si cette étude concerne le Sahara, elle pourrait laisser présager d’une évolution similaire pour d’autres zones arides sur notre planète. Sumant Nigam, l’un des auteurs, explique que ces résultats « sont spécifiques au Sahara, mais ont probablement des implications pour les autres déserts du monde ».

LEPOINT.FR

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