Conjointement avec les Etats-Unis et le Canada, le Mexique est candidat à l’organisation de la Coupe du monde de football 2026. Ce lundi 9 avril, arrive à Mexico une délégation d’inspecteurs de la Fifa pour évaluer cette candidature. Mais malgré ses nombreux atouts, le Mexique pourrait être plombé par le volet sécuritaire au moment du choix de la Fifa prévu le 13 juin 2018.

De notre correspondant à Mexico,

La candidature du Mexique pour la Coupe du monde 2026 a du plomb dans l’aile surtout avec la publication, il y a quelques jours, d’un rapport d’une firme britannique, engagée par la Fifa pour évaluer la situation des trois pays colistiers en matière de sécurité. Comme on pouvait s’y attendre, cette étude a épinglé le Mexique où il existe « une série de risques en termes de sécurité et de protection des garanties individuelles ». Le danger que représente la guerre contre les narcotrafiquants est évidemment pointé du doigt, même si le rapport admet que les affrontements sont plus fréquents en dehors des trois villes où se joueront des matches, Mexico, Monterrey et Guadalajara. Mais ce document souligne également deux autres problèmes : le harcèlement des femmes dans la capitale, ainsi que la violence dont sont victimes les journalistes au Mexique. Pour les auteurs de ce rapport, ces facteurs pourraient avoir un réel impact sur l’intégrité physique des participants de ce Mondial, qu’il s’agisse des joueurs ou des spectateurs. Sur la base de telles conclusions, le Mexique pourrait bien affaiblir la candidature nord-américaine au profit de sa seule concurrente, le Maroc !

L’entente cordiale avec les Etats-Unis

Pour l’instant, rien n’est perdu, le Mexique n’a même pas envisagé un éventuel retrait de sa candidature à cette Coupe du monde, qu’il tient absolument à organiser, malgré les tensions actuelles avec les Etats-Unis. Il ne faut pas oublier que le Mondial n’aura lieu que dans huit ans et qu’à ce moment-là, Donald Trump ne sera plus au pouvoir. Mais il est vrai que face aux tensions entre le Mexique et les Etats-Unis, la devise d’unité choisie par les trois pays pour cette candidature ne reflète pas vraiment les circonstances actuelles.

 Quant au coût de l’organisation, il ne constitue pas un thème polémique au Mexique, car les trois stades où se joueront les matches sont déjà construits. Concernant les transports et à la logistique, tout est déjà en place, comme c’est d’ailleurs le cas aux Etats-Unis et au Canada. Ce qui est un grand avantage pour l’organisation de ce Mondial auquel participeront pour la première fois 48 équipes et non plus 32.

Du côté de la population, les supporters du Tri (surnom de l’équipe nationale), des fanatiques de foot, sont enthousiastes à l’idée de voir revenir pour la troisième fois la Coupe du monde au Mexique après 1970 et 1986. Il y a six mois, une enquête a montré que 83% des Mexicains y étaient favorables. Seul bémol : ils regrettent de n’avoir que les « miettes du gâteau », puisque seuls 10 des 80 matches prévus devraient avoir lieu au Mexique.

RFI

AUCUN COMMENTAIRE

REPONDRE