Maroc-Qatar : du business pour consolider l’axe Rabat-Doha

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Onze accords ont été signés hier entre les deux pays à l’occasion de la tenue de la Haute commission mixte présidée par la Premier ministre qatari et son homologue marocain. Un autre signal de l’entente économique entre les deux pays, malgré la crise du Golfe…

Dans ses relations avec les monarchies arabes, le Maroc a toujours joué à l’équilibriste. Ses fortes alliances avec l’Arabie saoudite, à la fois historiques et économiques, ne l’ont pas dissuadé de nouer des accords avec son rival qatari dont l’émir, Tamim Bin Hamad Al Thani, est un ami de Mohammed VI.

Lundi 12 mars, le Premier ministre et ministre de l’Intérieur du Qatar, Abdallah ben Nasser ben Khalifa Al Thani, a co-présidé avec son homologue marocain, Saadeddine El Othmani, la 7e session de la Haute commission mixte de coopération entre les deux pays.

Cette rencontre de haut niveau, qui a eu lieu à Rabat, a vu la signature de 11 accords et mémorandums d’entente couvrant des domaines divers comme l’agriculture, l’éducation, l’habitat et la lutte contre le blanchiment d’argent. Les banques centrales des deux pays ont, par ailleurs, conclu un partenariat relatif au contrôle des institutions financières.

Le niveau des échanges commerciaux bilatéraux n’a pas dépassé, en 2017, quelque 290,7 millions de rials qataris

Cette haute commission a déjà été précédée par une visite de prospection d’une délégation marocaine à Doha le 27 février dernier. Sous la houlette de l’Association marocaine des exportateurs (ASMEX), 27 hommes d’affaires marocains avaient ainsi rencontré leurs homologues qataris pour sceller des accords de partenariat. Cheikh Mohammed Mansour Al-Thani, chef de service du développement au sein de l’Autorité qatarie d’investissement, avait alors demandé aux chefs d’entreprise marocains de lui fournir des propositions de projets communs.

Les deux pays veulent booster un commerce qu’ils jugent en deçà de leurs attentes. Selon les derniers chiffres officiels sur le Qatar, souligne la MAP, le niveau des échanges commerciaux bilatéraux n’a pas dépassé, en 2017, quelque 290,7 millions de rials qataris (64,8 millions d’euros), même si une légère amélioration a été enregistrée par rapport à 2016 (267,3 millions de rials qataris). Le Maroc exporte des légumes, des fruits et du prêt-à-porter vers le Qatar. Il en importe des produits d’aluminium et du polyéthylène.

Le Maroc et la « Golfe Connection »

Contrairement à plusieurs pays africains qui ont choisi le camp saoudien dans la crise du Golfe, en arrivant, pour certains, jusqu’à couper leurs relations avec Doha, le Maroc est resté proche des deux antagonistes, faisant valoir la carte de la neutralité.



Le roi Mohammed VI est un habitué du sérail émirati avec lequel il entretient des amitiés très fortes. Avec le clan saoudien, l’entente est très courtoise, historique. Le roi Salman a ses quartiers dans la ville de Tanger, où il séjourne chaque été et où il reçoit des chefs d’État. Sa relation avec Mohammed VI est régulièrement entretenue par un ballet d’émissaires royaux, porteurs de messages d’amitié, mais aussi de promesses d’investissement.

Début février, le secrétaire général du ministère des Affaires étrangères, Mohammed Ali Lazreq, était à Riyad, à la tête d’une délégation d’hommes d’affaires, en préparation de la 13e commission mixte entre les deux royaumes, prévue cette année


Avec les Qataris, la démarche marocaine est pragmatique. Depuis que les deux pays ont dépassé les crises diplomatiques provoquées, entre autres, par les reportages polémiques de la chaîne d’Al Jazeera sur le Sahara occidental, ils cherchent à bâtir une relation pérenne, à l’abri des aléas politiques.

Le royaume chérifien souhaite traiter ses alliés du Golfe à parts égales, indépendamment des clivages politiques

L’émir Tamim Bin Hamad Al Thani a ainsi été un des premiers chefs d’État à avoir souhaité un prompt rétablissement au souverain marocain suite à sa récente intervention chirurgicale à Paris.

De même, Mohammed VI avait été bien accueilli à Doha en novembre 2017, après un séjour aux Émirats arabes unis. Une visite qui avait l’allure d’une tournée de médiation entre frères ennemis mais qui servait également à montrer que le royaume chérifien traitera ses alliés du Golfe à parts égales, indépendamment des clivages politiques.

Par jeuneafrique

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