«Fake News»: Donald Trump distribue les baffes à la presse pour louer son bilan

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Deux sénateurs républicains se sont montrés très critiques envers la relation qu’entretient Donald Trump avec la presse, mercredi 17 janvier 2018. Devant le Congrès, Jeff Flake a accusé le président d’avoir recours à une rhétorique stalinienne, et John McCain a publié une tribune dans le Washington Post, intitulée « Monsieur le président, arrêtez d’attaquer la presse ». Faisant fi de ces remarques, le locataire de la Maison Blanche a dévoilé comme promis ses prix « Fake News » quelques heures plus tard.

Sourd aux appels à la modération des sénateurs Flake et McCain, Donald Trump a mis sa menace à exécution. Mercredi, le président américain a décerné des prix aux informations qu’il considère comme les plus malhonnêtes à son égard.
La forme : un tweet, « Et les gagnants des FAKE NEWS sont… », agrémenté d’un lien vers le site internet du Parti républicain, qui n’a d’ailleurs manifestement pas tardé à surchauffer, puisque la page est restée inaccessible un certain temps.

« 2017 a été une année de partialité acharnée, de couverture médiatique malhonnête et même de fausses informations éhontées. Des études ont montré que 90 % de la couverture du président Trump est négative », peut-on lire.
S’ensuit une dizaine de faits médiatiques polémiques concernant CNN, ABC, Newsweek, le New York Times ou encore le Washington Post. Paul Krugman, prix Nobel d’économie 2008 et éditorialiste au NYT, en prend aussi pour son grade.
Alors que ce dernier avait déclaré que l’économie américaine ne se remettrait pas de l’élection de Donald Trump, le « Fake News Award » rappelle que la Bourse de Wall Street ne cesse de battre des records depuis lors.

Une manière de vanter son bilan

Qui avait tweeté la photo d’un meeting du président des Etats-Unis en partie vide, avant que l’ensemble du public n’y soit entré ? Qui avait relaté que la statue de Martin Luther King avait été sortie du bureau Ovale ? Autant de charges du président Trump contre les médias…

Et le président de rappeler sur Twitter qu’à part « certaines couvertures médiatiques très corrompues et malhonnêtes, il existe beaucoup d’excellents journalistes que je respecte et beaucoup de BONNES NOUVELLES ».

Une manière assez habile, mais brutale, de vanter son bilan un an après son investiture, sur le plan économique notamment. Sans intermédiaire, l’administration Trump égrène ainsi quelques faits venant percuter la couverture tant décriée.

Deux sénateurs républicains expriment leur exaspération

Quelques heures avant le courroux présidentiel, la charge était pourtant venue du propre camp de M. Trump. A la tribune du Congrès, le sénateur Jeff Flake n’avait pas mâché ses mots devant les attaques quotidiennes contre les médias.

« Quand la tête du pouvoir qualifie de “fake news” tout média qui ne lui convient pas, c’est ce pouvoir qui devrait être suspect, pas la presse », estime ce farouche détracteur, qui parle d’autant plus facilement qu’il ne compte pas se représenter.

Deuxième charge le même, celle de John McCain. Dans une tribune au Washington Post, le vétéran rappelle le rôle central des journalistes dans une démocratie, rapporte notre correspondant aux Etats-Unis, Eric de Salve.

« L’expression “fake news” à laquelle le président américain a donné une légitimité, écrit l’ancien candidat du Parti républicain à la présidentielle 2008, est utilisée par les autocrates pour réduire les journalistes au silence. »

RFI

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