C’est probablement le dernier vol de l’année 2017. Ce convoi de 168 migrants en situation irrégulière a atterri mardi 19 décembre, à l’Aéroport Félix Houphouët-Boigny, par le vol Nouvel Air de Tripoli. Ce retour de migrants en détresse en Lybie a été possible grâce à la synergie du Ministère de l’Intégration africaine et des ivoiriens de l’extérieur (MIAIE) et de l’OIM (Organisation internationale pour les migrations).

Selon le Directeur général des ivoiriens de l’extérieur (DGIE), M. Issiaka Konaté, ce sont 2330 ivoiriens en situation d’immigration clandestine qui sont revenus en Côte d’Ivoire depuis 2015, parmi lesquels il y a 1200 de la Lybie. ‘’C’est une excellente opération, c’est un Gouvernement qui montre qu’il est aux côtés de sa population qu’elle soit ici en Côte d’Ivoire ou à l’extérieur’’.

Il a poursuivi en révélant que d’autres opérations d’évacuation humanitaire avaient été prévues après celle de ce jour, mais face à la situation sécuritaire de la Lybie qui s’est constamment dégradée, les différents vols programmés ont été reportés.

Invité hier à une importante conférence à l’AFD en France, à l’occasion de la journée internationale des migrants, le DGIE est revenu avec un message basé sur le respect des droits de migrants et de sensibilisation. « Nous devons poursuivre la sensibilisation et la Côte d’Ivoire va jouer de toute son influence afin qu’il y ait une bonne initiative au niveau de l’Afrique de l’ouest », a déclaré M. Issiaka Konaté.

En outre, le jeune Sangaré Moussa, après un an quatre mois passés en Lybie, a expliqué qu’il a d’abord travaillé avant de se retrouver en prison. Il nous a confié son calvaire : « Là-bas, une fois que tu en prison, tu as droit à une seule journée pour voir le jour. Tu dois payer 250 à 500000 F CFA pour qu’on te libère.

D’autres n’ayant pas les moyens meurent dans les prisons Libyennes. Chaque jour nous avons été battus du matin au soir par les militaires Libyens, sans aucune nourriture. C’est l’eau des toilettes que nous étions obligés de boire à Saladine (prison de Tripoli) ».

Plusieurs témoignages que nous recueillis font état de cette même précarité déshumanisante que subissent femmes, enfants, jeunes hommes, hommes dans les geôles de la Libye payant pour le malheur d’avoir emprunté la voix du désert et de la méditerranée, à la quête de l’eldorado.

Abidjan.net

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