Chine: les excréments de panda transformés en mouchoirs

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Les Chinois pourront bientôt s’offrir des mouchoirs fièrement labellisés « caca de panda ». Une entreprise entreprend en effet de recycler les fibres des excréments de panda pour produire des mouchoirs, mais aussi du papier toilettes ou encore des nappes. Cette pratique consistant à utiliser les excréments des herbivores n’est pas nouvelle et a déjà fait ses preuves, notamment en France.

Le nom de ce nouveau label, « caca de panda », a de quoi surprendre. C’est celui d’une future gamme de produits commercialisée en Chine, qui sera fabriquée à partir d’excréments de l’animal. La firme papetière Qianwei Fengsheng, à l’origine du projet, collabore avec le Centre de protection et de recherche sur le panda géant afin de valoriser les crottes et les déchets alimentaires de l’ursidé.

L’animal se nourrissant exclusivement de tiges de bambous, ses excréments sont riches en fibres de cellulose et il en génère 10 kg par jour, rappelle un chercheur du centre des pandas, Huang Yan au journal local Chengdu Business Daily. En effet, le panda n’assimile pas la cellulose tapissant la paroi des cellules végétales, dont « une feuille de papier est constituée à 100 % », explique André Durand, papetier. Ce responsable du Moulin à Papier de Brousses, dans l’Aude, utilise quant à lui le crottin de cheval. Le procédé est simple : il récupère le crottin qu’il lave à grande eaux afin de conserver uniquement la cellulose sous forme de fines tiges translucides qu’il fait bouillir dans la marmite pour éliminer les bactéries, avant de les décolorer.

Un procédé ancien

C’est grâce à ce même procédé mais à une autre échelle que la firme chinoise Qianwei Fengsheng, basée dans la province du Sichuan (sud-ouest), compte fabriquer ses mouchoirs labellisés « caca de panda », en prélevant la matière première plusieurs fois par semaine dans trois réserves. Un procédé qui n’a rien de nouveau : « Entre 1840 et 1850, la France fabriquait du papier de crottin de cheval de façon industrielle, avant de passer au bois », raconte André Durand.

Si la chose paraît aujourd’hui originale en Europe, elle est plus répandue en Asie (Sri Lanka, Thaïlande), où plusieurs entreprises utilisent notamment le crottin d’éléphant. Auparavant, le papetier André Durand utilisait lui aussi cette matière première, qui lui était fourni par une réserve proche. Cependant, il ne peut plus l’utiliser depuis quelques années « à cause d’un principe de précaution autour des animaux exotiques », explique-t-il.

Dans les locaux du Moulin à Papier de Brousses, le papier obtenu grâce au crottin de cheval se présente sous forme de feuilles format raisin, A4 ou de petites cartes, pour des prix compris entre 2,30€ et 10€ selon le format. En Chine aussi, le prix excède celui d’un produit classique : une boîte de mouchoirs estampillée « caca de panda » et décoré d’une image du mammifère sera vendue au tarif de 43 yuans (5,50 euros).

Par RFI

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