Comment Ford voit l’avenir en 2018

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Des citoyens qui se sentent plus concernés dans une société bouleversée par l’accélération des transformations technologique et la montée des inégalités, c’est la toile de fond des prévisions faites par Sheryl Connelly pour le groupe Ford.

Le groupe Ford Motor Company (FMC), à Dearborn (Michigan), vient de livrer la dernière mouture de sa vision du monde, via la publication de “Ford Trends 2018” (tendances 2018). Le constructeur automobile se livre à cet exercice de prévision pour la sixième année consécutive. Une mission dont est chargée la futurologue de Ford, Sheryl Connelly, qui depuis une dizaine d’années identifie chez Ford les tendances à l’œuvre dans les sociétés industrialisées pour contribuer in fine à la meilleure adaptation du groupe automobile à son environnement, aussi bien dans le domaine du design que dans celui du développement des produits ou de la stratégie d’entreprise.

Docteur en droit, diplômée en finance et administration des entreprises, Sheryl Connelly intervient en particulier en tant qu’experte sur la question des transports pour le Forum économique mondial (World economic forum), fondation basée à Genève, qui organise chaque année le célèbre Forum de Davos. L’époque actuelle est selon Sheryl Connelly marquée par d’importants bouleversements politiques et une montée des inégalités sociales, de puissants facteurs qui ont “renversé le statu quo et laissé beaucoup de gens désorientés” prévient l’analyste.

L’intelligence artificielle plus nocive que positive

Dans le même temps Sheryl Connelly pointe aussi de puissants mouvements créatifs à l’œuvre, un peu comme un courant d’eau libre circulant sous une couche de glace.

“Mais hors du chaos et des conflits, une énergie et une créativité nouvelles motivent les gens comme jamais auparavant. De la compassion et de la culpabilité à l’activisme accru, la plupart des adultes croient que leurs actions ont le pouvoir d’insuffler un changement positif” résume ainsi l’analyste.

Rapportées au monde des consommateurs, ces observations se combinent en un cocktail un peu surprenant qui ne pousse pas à un optimisme béat.

Ford Sheryl Connelly

Sheryl Connelly (FMC-DR)

Pour ne prendre que quelques exemples, “53 % des adultes se disent plus stressés qu’ils ne l’étaient un an auparavant et chez les 18-29 ans, ce chiffre grimpe même à 65 %” et “73 % des adultes reconnaissent qu’ils devraient davantage prendre soin de leur bien-être émotionnel”. Selon les données recueillies par Sheryl Connelly les nouvelles technologies numériques génèrent de leur côté des sentiments ambivalents, où la crainte le dispute à la fascination.

“39 % des adultes affirment ne pas être contre le partage de leurs informations personnelles avec les entreprises, mais 60 % se disent frustrés lorsque ces informations deviennent publiques ; 76 % des adultes dans le monde trouvent inquiétant lorsqu’une entreprise en sait trop sur eux ; 52 % des adultes sont persuadés que l’intelligence artificielle sera plus nocive que bénéfique, mais 61 % sont optimistes quant à l’avènement des véhicules autonomes”, égrène en particulier l’étude sur laquelle s’appuie la futurologue.

Dix tendances pour 2018 et au-delà

Sheryl Connelly dégage ensuite “dix tendances pour demain” qui devraient “influencer les utilisateurs et les marques en 2018 et au-delà”.

Tendance numéro un : la société se transforme à une vitesse accélérée, ce qui entraîne un bouleversement global.

Tendance numéro deux : pour faire face à ces changements, les citoyens veulent participer au débat, car ils sont convaincus que leurs actions “peuvent avoir une influence positive et à grande échelle sur le cours des choses”.

Tendance numéro trois : la réduction des inégalités devient une préoccupation générale, “activistes et entrepreneurs expérimentent de nouvelles façons de faciliter l’accès à une éducation de qualité, d’améliorer les conditions de travail, de combler les écarts salariaux… “

Tendance numéro quatre : les flux continus d’information rendent les citoyens “sont plus conscients que jamais des défis auxquels font face les habitants du reste du monde”, en conséquence de quoi “chacun réfléchit à son rôle dans la société et repense son engagement”.

Tendance numéro cinq : “la santé mentale et le bien-être sont désormais indissociables et sont devenus la priorité de tous”.

Tendance numéro six : la thérapie par l’achat :  “… Alors que les entreprises proposent de nouveaux services pour simplifier son quotidien et aller directement à l’essentiel, les utilisateurs constatent qu’ils peuvent désormais acheter la seule chose qui n’a jamais été vendue : le temps”.

Tendance numéro sept : la capacité d’exploiter de très grandes quantités de données (le “Big Data”) a selon Sheryl Connelly une vertu : “Mieux interpréter les besoins et comportements des consommateurs, ce qui en théorie devrait leur être bénéfique”. Qui cache un risque incontrôlable. “Mais une fois ses informations personnelles cédées, il (le consommateur) n’a plus qu’à espérer que les entreprises les utiliseront de manière responsable”.

Tendance numéro huit : partout dans le monde les gens s’interrogent sur la place dans la société de la réalité virtuelle, de l’intelligence artificielle et des technologies autonomes, désormais omniprésentes.

Tendance numéro neuf : la conception du bonheur change, remettant en question le mariage et la parentalité, “les notions d’engagement et d’épanouissement”.

Tendance numéro dix : le triomphe des métropoles (75 % de la population mondiale vivra dans de grandes villes d’ici 2050) oblige “à planifier intelligemment les transports, l’emploi, le logement, les initiatives de bien-être et des infrastructures capables d’accueillir des population en plein essor”.

Latribune.fr

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