A la fin du mois de mars dernier, une nouvelle formule du Levothyrox, un médicament utilisé par trois millions de patients en France, est mise sur le marché. Quelques mois après, de plus en plus de patients sous traitement de ce médicament se plaignent d’effets secondaires graves. Face au tollé soulevé par la nouvelle formule, le ministère de la Santé a annoncé récemment des mesures.

Le 15 septembre dernier, la ministre de la Santé Agnès Buzyn avait annoncé le retour temporaire sur le marché dans une dizaine de jours de l’ancienne formule du Levothyrox. D’ici le mois d’octobre, des médicaments génériques contenant l’ancienne formule et provenant de pays européens seront disponibles uniquement sur ordonnance dans les pharmacies en France. Mais en attendant, les patients n’ont pas d’autres choix que de continuer à prendre la nouvelle formule. Car, il faut le répéter, même si les effets secondaires sont invalidants chez beaucoup de malades, l’interruption du traitement est dangereuse et peut même être fatale dans certains cas.

Chiffres contestés

Les patients continuent donc à prendre le nouveau médicament, en attendant ces mesures, ce qui explique la hausse en continu du nombre de signalement des effets secondaires. Le 11 septembre dernier, la ministre de la Santé avait annoncé 9 000 cas d’effets indésirables enregistrés. Ce chiffre est contesté par le journal Le Figaro qui affirme qu’à ce jour, près de 8 500 déclarations d’effets secondaires ont déjà été enregistrées par seulement 16 des 31 centres de pharmacovigilance français. Le quotidien en déduit que l’on devrait se rapprocher des 15 000 cas si tous les chiffres des centres de pharmacovigilances sont remontés à la base nationale.

Sur prescription

En France, trois millions de personnes, dont 85 % de femmes, prennent le Levothyrox. La prescription de ce médicament est faite dans la grande majorité des cas par un médecin généraliste. Mais suite à une grande sensibilisation sur les questions liées à la thyroïde, les généralistes se sont mis à prescrire le Levothyrox dès qu’ils voyaient des symptômes communs tels la fatigue, la perte des cheveux ou la prise de poids.

Le prix très bas du médicament a aussi joué sur la sur-prescription. La boîte coûte entre un et trois euros.

Pourtant, des médecins américains se sont inquiétés dans un article publié en avril dans le magazine médical The Lancet sur l’utilisation abusive du Levothyrox, en particulier pour des cas qui n’en nécessitaient pas forcément. Les auteurs de cet article préconisent une approche prudente et des essais cliniques pour mieux déterminer quels patients devraient prendre ce médicament.

Des patients à moitié satisfaits

Les associations de malades de la thyroïde se disent satisfaites du retour à l’ancienne formule sur le marché, mais il faudrait que ce retour soit pérenne et pas provisoire comme l’a indiqué la ministre de la Santé Agnès Buzyn. Elles veulent avoir le choix entre l’ancienne et la nouvelle formule.

Par ailleurs, la justice a été saisie de 63 plaintes d’utilisateurs du Levothyrox et des avocats projettent de lancer une action collective contre le laboratoire Merck qui commercialise ce médicament.

RFI

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