La Corée du Sud secouée par un scandale des serviettes hygiéniques contaminées

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Le « scandale des serviettes hygiéniques contaminées » prend de l’ampleur en Corée du Sud. En effet, une étude indépendante a identifié 22 substances chimiques nocives dans 10 types de serviettes hygiéniques. Le gouvernement vient d’annoncer une large enquête qui vise 896 produits de ce type.

Avec notre correspondant à Séoul,

L’affaire remonte au mois de mars dernier, quand une association écologiste et féministe a publié les résultats d’une étude explosive  : sur 10 types de serviettes hygiéniques, 22 substances nocives ont été identifiées, notamment des composés chimiques volatils.

Une marque coréenne bon marché, appelée Lilian, est particulièrement visée : 66% de ses clientes se sont plaintes de changements dans leurs cycles menstruels après les avoir utilisées. D’autres se sont plaintes de douleurs accrues et d’infections.

L’entreprise, le troisième acteur coréen du marché, a d’abord nié toute toxicité avant de céder sous la pression des consommatrices, qui ont mené une action très efficace via Internet et les réseaux sociaux.

Une réaction tardive des autorités

En août, la plupart des magasins ont retiré les serviettes Lilian de la vente, et à partir de ce mardi, l’entreprise a commencé à rembourser tous ses produits vendus. De son côté, le gouvernement vient de commencer des tests sur les 896 types de serviettes hygiéniques mises en vente en Corée du Sud.

La réaction plutôt tardive du gouvernement, cinq mois après l’enquête initiale, provoque de nombreuses critiques. En effet, les résultats de l’enquête indépendante de mars n’avaient pas été rendus publics : ils avaient été transmis aux autorités et aux fabricants de serviettes qui n’en avaient rien fait.

La loi coréenne n’oblige pas les fabricants à publier la liste des substances contenues dans leurs serviettes et les analyses de routine menées par le gouvernement n’avaient montré aucune toxicité, en dépit des nombreuses plaintes des consommatrices.

Désormais, celles-ci se tournent vers d’autres alternatives comme les serviettes importées de l’étranger ou des produits naturels et bio, qui sont plus chers. Les ventes de coupe menstruelle ont aussi augmenté de 470% en une semaine !

Des scandales à répétition

Ce scandale de contamination par des produits chimiques est le dernier en date d’une longue série en Corée du Sud. Cet été, des œufs contaminés par des pesticides ont été retirés de la vente. Et le gouvernement sud-coréen est déjà très critiqué pour sa gestion catastrophique d’un scandale de contamination de produits stérilisants pour humidificateur d’air. Ces derniers ont fait plus de cent morts sur une période de plusieurs années.

Cette année, des rumeurs de couches pour bébé toxiques ont aussi semé la panique. Dans un éditorial, le quotidien Korea Times appelle donc les autorités à prendre toutes les mesures nécessaires pour rassurer les consommateurs en colère.

Quant à l’association féministe à l’origine de ces révélations, elle demande de son côté des meilleurs standards de sécurité pour « protéger la santé des femmes ». 4 000 consommatrices ont déjà porté plainte.

Par RFI

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