Pollution à Abidjan : Voici les communes les plus touchées

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Trafic routier, feux domestiques, décharge, la ville d’Abidjan à l’instar des autres grandes villes africaines fait face à un réel problème de pollution.

Abidjan partage le même problème de pollution que les autres villes africaines. Un problème relevé par la professeure Véronique Yoboué, du laboratoire de physique de l’atmosphère et de mécanique des fluides de l’Université de Cocody. A en croire la spécialiste qui a dirigé une étude sur le phénomène dans la capitale, les zones industrielles de Yopougon, au nord-ouest, et de Vridi, également zone portuaire, au sud-ouest sont les plus touchées. « On est souvent au-dessus des normes de l’OMS pour ce qui est de la quantité de dioxyde d’azote, par exemple. La quantité de dioxyde de soufre connaît elle aussi des pics, mais moins réguliers. », a-t-elle précisé.

Des résultats sur lesquelles s’est acordé une équipe de chercheurs dirigée par Catherine Liousse, chercheuse au CNRS et coordinatrice du pôle « pollution de l’air et santé » au sein du projet Dacciwa (pour Dynamics-aerosol-chemistry-cloud interactions in West Africa), un programme financé par l’Union européenne qui étudie le climat et la pollution de l’air en Afrique de l’Ouest. A en croire cette dernière, si les concentrations de particules fines, les plus dangereuses pour l’homme, sont moins importantes à Abidjan, elles n’en demeurent pas moins inquiétantes dépassant parfois jusqu’à huit fois les normes, en saison sèche dans certaines communes comme Adjamé.

Si certains acteurs comme Michel Loboué, directeur exécutif du Groupe de recherche et de plaidoyer sur les industries extractives en Côte d’Ivoire portent un doigt accusateur en direction de la qualité du carburant et par ricochet, la Société ivoirienne de raffinage (Sir) dont ils appellent la modernisation, des organisations telles que l’Association des raffineurs africains (Ara) a appelé à une résolution globale du problème. L’amélioration seule de la qualité du carburant étant insuffisante pour y parvenir. « Il faut être réaliste. Il a fallu près de vingt ans aux Européens pour obtenir les taux actuels pour plusieurs des composants de l’essence et du diesel.

En Afrique, nous partons de plus loin, il faut laisser le temps à notre industrie de s’adapter et de mettre à niveau les raffineries.  Il faut avoir une approche systémique du problème, s’attaquer aux trois piliers que sont la qualité des carburants, la conformité du parc des véhicules et la mise en place d’un dispositif de mesure et de contrôle de la qualité de l’air », a exhorté Joël Dervain, secrétaire exécutif de l’Ara et ancien directeur général. D’ailleurs, a souligné Mme Liousse, la part des émissions globales imputables au trafic routier, tourne autour de 10 %, derrière les feux domestiques, qui arrivent en première position, et les décharges, en seconde position. Quoique les véhicules et leurs carburants soient les premiers responsables des fines particules étudiées, les véhicules et leurs carburants (diesel, essence) sont les premiers responsables.

Du point de vue sanitaire, les conséquences sont toutes aussi importantes. En effet, selon le professeur de pneumologie et chef de service adjoint au Chu de Cocody, professeur Bernard Koffi N’Goran les populations se rendent compte trop tard de l’impact de ses particules sur leur santé. Une réalité qui ajoutée au coût non négligeable des traitements s’avère fatale pour les malades. « Les maladies respiratoires nécessitent des traitements lourds et très coûteux pour les familles. Autant dire que pour la majorité des gens, qui n’ont ni assurance maladie ni mutuelle, c’est mission impossible. Ici, 80 % de nos patients hospitalisés meurent dans l’année qui suit. », a-t-il appris.

 

Alassane SANOU

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