Quand la ‘Omra soulage les maux de l’adolescence

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Toujours dans notre nouvelle rubrique dédiée aux ados, voici le témoignage très touchant de notre jeune sœur, qui a eu la chance d’accomplir une ‘omra alors qu’elle traversait une période difficile. Bonne lecture ^^


L’adolescence est une période bien difficile…

Certaines l’ont vécue sereinement, sans souci. Tandis que d’autres, en gardent certainement un très mauvais souvenir. Je fais partie de celles-ci, bien qu’elle semble encore loin d’être terminée.
Je suis issue d’une famille musulmane Al-HamdûlilLah. Mes parents m’ont éduquée depuis toute petite sur ce chemin, en m’apprenant à craindre mon Seigneur, à être une bonne musulmane. Je les en remercie, et les remercierai toujours InchaAllah
Ainsi, j’ai grandi, en étant fière de ma religion, et pleine d’amour pour elle, œuvrant afin de devenir une meilleure croyante.

Cependant, à l’aube de mes 11 ans, tout a changé. Eh oui, le fameux spécimen nommé « ado » est alors apparu, brisant les mythes de la petite fille sage que j’étais. Commençant par des petits soucis d’amitié, puis de multiples changements psychologiques et physiologiques, mon univers changeait petit à petit. Je sentais bien que rien ne serait plus pareil. Que j’étais devenue un petit brin de femme. Et bien que consciente de tout ce que ceci allait entraîner, je n’y ai pas vraiment fait attention.

A cette période là j’étais très mélancolique. Mon absence totale d’amies me faisait ressentir une solitude pesante, et je n’arrivais pas à la supporter. Solitude née, il me semble, d’une différence considérable de personnalité entre nous. Alors je rêvais, j’espérais chaque jour rencontrer une personne qui me permettrait de sortir de cette solitude, qui m’accompagnerait au quotidien. Une personne comme moi, qui penserait comme moi. J’avais presque oublié, (que Dieu m’en pardonne), Qu’Allah était toujours là, et qu’il le sera toujours, tant que je croyais en lui.

Mais je continuais à rêver. Mais plus j’espérais, et plus je souffrais. Mais pourquoi??? Pourquoi suis-je si seule?? Mon entourage ne semblait rien remarquer. Ni mon mal être grandissant, ni mes yeux rouges en sortant de ma chambre. Parce que oui, je pleurais, je pleurais à m’en fendre le cœur, en rentrant le soir chez moi. Des larmes retenues toute la journée au collège. J’avais terriblement mal à la poitrine, en regardant mes anciennes « amies » auxquelles j’était tant attachée, rire comme si je n’existais pas. En comparant ma sixième à ma cinquième, j’essayais de savoir ce qui n’allait pas, pourquoi j’étais devenue comme ça. Pourquoi ces amies m’avaient elles abandonnée…

Mais un jour…J’ai tout laissé tomber. Au départ, j’essayais tant bien que mal de m’accrocher à ma scolarité, multipliant les bons résultats afin de satisfaire mes parents. M’accrochant à ma religion pour plaire à Allah. Mais plus les événements s’enchaînaient, et plus j’ai tout laissé tomber, chose que je n’aurais jamais, jamais dû faire. Pourtant, pour une personne voyant cela de l’extérieur, déprimer pour si peu, c’est ridicule non? Mais certes, ma solitude jouait un grand rôle dans ce « pseudo- coup de blues » mais ce n’était pas tout. Je ressassais chaque fois des paroles qui m’avaient blessée, des actes que j’ai fait, et je les regrettais. J’ai fait énormément de mauvaises choses, en cachette de ma famille pendant ce temps là, que je me sentais coupable, vis à vis d’Allah, et vis à vis de mes parents. Alors je me suis dit que puisque j’avais trahi la confiance de tout le monde, je ne pourrais plus jamais me rattraper… J’avais dès lors 12 ans et demi.

Le jour où mon bulletin est arrivé, je l’ai reçue. La gifle. De ma mère. Elle n’aurait pas dû faire ça, pas sans connaissances de causes. Elle qui n’a rien remarqué pendant tout ce temps là, alors il aura fallu que je me laisse complètement aller aux mauvaises notes pour qu’elle le remarque? Bien évidemment, je ne devrais pas penser ça de ma mère, et aujourd’hui je le regrette aussi, mais l’état dans lequel j’étais, m’avait rendue une toute autre personne.
Je suis alors entrée dans une colère noire, et j’étais prête à tout déballer « T’as pas le droit de me gifler! Tu sais rien du tout, et t’es là que pour me taper? » « . Fais attention à la façon dont tu me parles, je suis ta mère, et vu l’état de ton bulletin, je m’abstiendrai de tes commentaires! »

Ce dialogue à duré une bonne demi heure, mais finalement, j’ai décidé de ne rien dire. « Elle ne me comprendrait pas, de tout façon », ai-je pensé, ni ne me prendrait au sérieux.

Ma cinquième chaotique était finie. Je passais mes pires vacances d’été, sous les pulsions de mes hormones d’adolescentes, et de mes changements d’humeur infernaux…

L’année de 4ème est elle aussi passée, puis la 3ème, et enfin le brevet. Je me suis légèrement ressaisie, histoire de faire croire à mon entourage que tout allait bien. Au fond, j’avais l’impression d’être vraiment un zombie. J’étais devenue indifférente à tout, observant d’un œil vide ce qui m’entourait. Je revêtais un dégoût de tout ce que j’aimais avant. J’ai laissé tomber la littérature, l’écriture, la couture, et tout ce qui me passionnait, jugeant tout ceci comme des activités de « gamine nian-nian ».
Je n’étais plus seule finalement, et j’ai préféré être « mal accompagnée que seule ». Je m’étais déniché des amies, pour le moins douteuses, mais au moins, on se comprenait, et elles m’aimaient. Toutes des adolescentes incomprises, apparemment…

Puis au lycée, je me suis séparée d’elles. Mes parents avaient appris pour mes mauvaises fréquentations, alors ils m’ont enlevé du lycée, et ont préféré me garder à la maison. Encore une fois, je n’ai rien dit, j’ai accepté leur choix sans rechigner. Mes parents étaient comme dégoûtés et peinés. Et moi, je m’en fichais.
Je leur en voulait aussi, car il pensaient que c’était sans doute une passade, rien de grave, mais au fond c’était bien plus que ça. J’avais littéralement abandonné la religion. Je lisais toujours le Coran, mais je priais une fois sur deux, me sentant hypocrite envers Allah.
Parfois, j’avais juste envie que quelqu’un me tende la main, me dise comment sortir de cette boucle infernale. Parfois, par un éclair de je ne sais quoi, je me ressaisissais, l’espace de quelques jours. Je reprenais la prière, et je souriais de nouveau. Mais ce n’était jamais pour bien longtemps. Au bout de quelques jours, un autre événement venait tout bousculer, et je sombrais encore plus. A quoi bon lutter à chaque fois, essayer d’être meilleur, si c’est impossible?

Et puis, décembre. Décembre est arrivé. Tout est arrivé très vite. Une ‘Omra gagnée. Préparez vos bagages. Tout le monde est super heureux.
Quoi? Une ‘Omra? Le temps que je réalise ceci, nous étions déjà à J-5 d’y aller. Les bagages étaient presque bouclés, tout le monde était prêt. Mes parents avaient ressorti des livres pour nous apprendre les règles du séjour, tout le monde se préparait mentalement pour ce beau voyage, dont nous avons tant rêvé enfants, et en famille!

Tout le monde? Moi, j’étais perdue. Comment? Comment est ce que je pourrais poser mes pieds sur cette Terre si Sainte, alors que je suis indigne, si ignoble ? Alors que j’ai carrément abandonné ma religion? C’était inconcevable pour moi…

C’est alors que j’ai commencé à me renseigner, à lire énormément de témoignages; le verdict, était le même à chaque fois : La Omra a changé leur vie.
Lire tout ceci, a placé un espoir dans mon cœur. Un si petit espoir, que j’ai essayé de me cramponner à lui. Et si tout ceci pouvait vraiment être terminé?

Le Jour J est enfin arrivé. 8h du matin, nous étions installés dans l’avion. Mon petit frère et ma petite soeur trépignants d’impatience me bombardaient de questions, mon père s’assurait de la présence de tout le monde à bord, mes grand frères et grandes soeurs se chargeaient de ranger les bagages dans la cabine.
Assise dans mon siège entre mes deux frères, j’imaginais tous les scénarios possibles. Et si rien ne changeait? Et si tout changeait? Puis j’ai fini par m’endormir, en écoutant à moitié les consignes de vol.

Après 5 heures de Vol, la voix du commandant de bord nous a annoncé que l’avion avait atterri à Médine. Tout est ensuite passé très vite. Récupération des bagages après passage à la douane, installation dans le bus, et après quelques heures, nous étions arrivés devant l’hôtel. Je m’attendais à voir des gens de diverses nationalités et ethnies, mais pas à ce point! J’étais subjuguée pas la multitude de personnes différentes à l’entrée de l’hôtel. Un petite pensée m’a alors frappée: Nous étions différents certes, mais l’islam nous réunissait, et j’en étais très touchée…
Après installation dans nos chambres respectives, nous avons déjeuné, et décidé de partir prier le maghreb après une petite sieste.

Tous ensemble, nous sommes sortis de l’Hotel. Mon père nous donnant les dernières recommandations afin que rien de fâcheux n’arrive.

Et là…
Je fût frappée.
Jamais, jamais, je n’avais vu une chose aussi belle, aussi spectaculaire.
Sous un coucher de soleil flamboyant, l’Adhan retentissait, et des milliers de croyants, venant de toutes parts du Globe terrestre, marchaient en direction des minarets du Masjid AnNabawi.
Ni une, ni deux, j’ai éclaté en sanglots.Bruyamment, je me suis mise à pleurer, pleurer, pleurer…Sous les regards étonnés de ma famille et de ceux qui m’entouraient, j’ai continué à marcher, les yeux brouillés par les larmes. Moi qui pleurait tellement avant, voila trois ans qu’une larme n’avait plus traversé mon œil! . C’était tellement beau, tellement triste pour moi…

Qu’est ce que j’ai fait? Comment est ce que j’ai pu abandonner, L’Islam, cette religion, MA religion? Existait-il
une autre religion qui rassemblait tant et tant de personnes, sans que ce ne soit une religion de vérité? Peinée, j’étais vraiment peinée, d’avoir pu oublier toute la chance que j’avais d’être musulmane depuis toute petite. Nous nous sommes séparés pour aller de notre côté respectif de la mosquée.

Allahou Akbar, tout le monde se prosterne en même temps.
Je laisse couler mes larmes de nouveau, mais de joie cette fois
.Je me suis mise à parler à Allah, à lui livrer tout ce que j’avais sur le cœur. Je lui ai demandé son Pardon, maintes et maintes fois.
C’était comme si depuis 3 ans, j’étais morte intérieurement, et que je venais de revivre, Soubhanallah!
et après avoir posé mon front au sol pour la première fois depuis quelques semaines, j’ai senti comme une montagne, qui tombait de mes épaules. Mon être, mon cœur, ma conscience, étaient soulagés de toute peine à présent. Allahu Akbar!

Ce furent les deux semaines les plus belles de ma vie. D’abord à Médine, puis à Mecca. Des journées entières passées à la mosquée avec ma famille, des moments inoubliables, et des sourires réconfortants échangés avec des inconnus. C’était beau. Aujourd’hui encore, je demeure convaincue, que rien, ne revêt une aussi éclatante beauté sur Terre. La vue de la Kaaba, la visite de Uhud. Des éléments à jamais gravés en moi.
Aujourd’hui, je remercie Allah pour cette chance qu’il m’a donné. Cette chance que nombre de musulmans auraient aimé avoir, celle de passer un moment sur la Terre Sainte de l’Islam. Pourtant, je ne le méritais pas. J’étais bien la pire. Mais Allah Subhanahu wa ta’ala est Clément et Miséricordieux envers ses serviteurs. Il les éprouve, et leur donne une infinité de moyens pour se rattraper de leurs erreurs. Plus jamais, je ne laisserai tomber devant la moindre difficulté inchaAllah, parce que j’ai compris. J’ai compris, l’essence même de notre belle religion.

En revenant en Suisse, j’ai retrouvé notre domicile familiale, nos habitudes ont repris leur cours. Pourtant, quelque chose avait changé en nous tous, petits et grands. Et notamment en moi. L’absence de l’Adhan me perturbait, la grisaille et le froid changeaient complètement de Mecca et de son soleil éblouissant. Mais au fond, tout allait pour le mieux. Enfin débarrassée de ce lourd fardeau, j’ai décidé de tout reprendre à zéro, et de ne plus me focaliser sur le passé, pour pouvoir avancer, et devenir meilleure. Car à force de rester bloquée sur les événement passés, j’oubliais complètement les opportunités que m’offrait le présent.
Bien évidemment, les coups de blues, et les petits moments de tristesse, sont toujours présents, mais je sais comment réagir maintenant, Alhamdulillah.
Allah est Grand et Miséricordieux. N’oubliez jamais mes sœurs, que peu importe ce qu’il vous arrive dans la vie, qu’importe l’épreuve, grande ou petite, vous n’avez qu’une chose à faire. Posez le front au sol, et tout vous viendra de là où vous ne vous l’attendiez pas inchaAllah. Ne capitulez jamais, ne désespérez pas de ne pas pouvoir vous en sortir, car { Et quiconque Craint Allah, il lui donnera une issue favorable}.
J’adresse ces mots à vous, qui me lisez, mais avant tout, à moi. Je suis humaine, et très fragile psychologiquement, alors tout peut chavirer d’un moment à l’autre. Il est vrai que je ne suis pas la seule adolescente sur Terre qui ai souffert à un moment ou à un autre: il y’en a des milliers sur Terre, alors à toi qui me lit, j’espère te donner un peu d’espoir, si ça ne va pas fort en ce moment. Si l’on peut chacun apporter ne serait-ce qu’un peu de bien à autrui, alors pourquoi ne pas le faire ?

Avenuedessoeurs.com

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