Je ne sais même plus comment et quand nous nous sommes rencontrés pour la première fois tant nos relations étaient devenues intenses. Au moment où il rendait l’âme, j’étais à plus de 10000 km de lui, au TEXAS.

Cependant, comme un signe prémonitoire, au moment où le Boeing 777 d’air France atterrissait sur la piste de l’aéroport G.W.BUSH, j’ai senti un coup de froid. Je me suis même voûté sur mon siège. Ma voisine américaine me demande si quelque chose n’allait pas. Spontanément, je dis : “Non tout va bien’’ Mais au même moment, toujours sur la piste, je reçois un message du Pr DIABY YAHAYA ainsi libellé «ton frère et ami DR Bakayoko Bourahima a rendu l’âme cette nuit».  Mes yeux sont restés rivés sur le message jusqu’à l’arrivée de l’avion à son point d’ancrage.

Je ne sais pas combien de fois j’ai dit au cours du parcours vers mon hôtel : “Eh Dr BAK, si jeune, si brillant, si humble. Tu es parti comme ça ? Eh Dieu !’’

Entre bak et moi, il y avait toujours des échanges d’idées, des projets…, les deux derniers que nous concoctions ensemble, c’était la relance de l’université musulmane de Côte d’Ivoire qui lui tenait particulièrement à cœur, et un projet d’organisation du premier forum des ONG musulmanes de notre pays. Il devait travailler sur les termes de référence. C’était comme ça entre lui et moi. Il suffisait de lui donner un thème, et BAK faisait tout le reste, les termes de référence, le programme, le casting des personnes ressources, et le budget qu’il me tendait en disant “DG, moi j’ai fini on attend plus que les moyens, donc on t’attend. Il faut rentrer en “Brousse comme d’habitude’’.

Chacun de nous avait son rôle. On était complémentaire.

Bak, Quelle humilité et quel désintéressement dans le travail communautaire. Il était toujours prêt, et ne demandait rien. En plus, il se contentait de tout ce qu’on pouvait lui donner. Ayant remarqué l’engagement de l’illustre disparu dans la cause de l’Islam, une bonne volonté venait de payer son inscription au CHAMCI, Club des Hommes d’Affaires Musulmans ce 07 juillet 2017. C’est-à-dire un jour avant sa mort, et cela à l’insu de ce serviteur acharné. Il avait dirigé le premier déjeuner-débat organisé par le CHAMCI à l’Hôtel RADISSON BLUE d’Abidjan sur le thème la finance Islamique.

Il y a environ un an, à l’occasion de la 9ème édition du Séminaire International de Formation des Responsables d’Associations Musulmanes (SIFRAM 2016), Bak n’avait été informé que 72 heures avant. Mais, il réussit à assumer le poste de principal animateur du comité scientifique. Tous les participants avaient été séduits par son esprit de synthèse, son humilité et son dévouement.

Les Editions Alif-Islam Info lui avaient offert le Hadj cette année. Il avait fini d’accomplir toutes  les formalités d’usage. BAK était donc prêt pour être parmi les prestigieux invités de Dieu cette année. Mais Allah en a décidé autrement. Notre  dernière rencontre physique était au douzième anniversaire d’Islam Info, le samedi 24 juin dernier où il venait d’être nommé DGA, chargé de la rédaction. Malgré  une pluie battante et ininterrompue, BAK était là pétillant de santé. Je n’ai jamais eu l’impression que BAK était malade. Donc quand j’ai appris sa mort j’étais abasourdi, car c’était une perle irremplaçable pour moi.

Mais immédiatement, j’ai pensé à son épouse et à ses trois enfants MOHAMED, AMINA, et FATIM AKISSI qui ne pourront plus le voir, le toucher, et l’entendre de ses retours tardifs, de nos réunions, et de nos séminaires et colloques. BAK à tout fait pour nous, pour la communauté. BAK, pardonne-nous si nous n’avons pas été suffisamment reconnaissants à ton égard. Je sais que tu nous pardonneras, car tu ne sais pas faire autre chose que servir, et toujours servir les autres. Or,  on ne peut pas servir et toujours servir sans avoir le don de pardonner et de toujours pardonner. Quant à nous BAK, nous prierons toujours pour toi, et nous ferons tout ce que nous pouvons pour ton épouse et tes enfants.

ADIEU EL BAKAYOKO BOURAIMA.

Par El Hadj Doukouré Ousmane

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