J’ai beaucoup hésité avant d’écrire cette chronique de vendredi. Islam info, le dernier Ramadan ? Peut-être la dernière aussi.

Islam info est né au mois de ramadan 2005 sur les cendres de Plume Libreque nous avions réveillé grâce à l’Imam Koudous, et aux anciens de cepériodique musulmans dont en premier lieu IBRAHIM DOUMBIA devenu par la suite le chef de rédaction aussi de l’ISLAM INFO. Nous avons commencé sans fond de roulement, sans fond d’investissement. Sur intervention de l’Imam Koudous, Ahmed Bakayoko, actuel ministre d’Etat chargé de l’intérieur, propriétaire du journal le Patriote et de l’imprimerie MAYAMA, nous a ouvert grandement et gratuitement les portes de son entreprise de presse. Et ses journalistes et ses infographistes, correcteurs et machinistes étaient totalement à notre disposition 24/24. Un jour, Ahmed Bakayoko me dit “THIE ton journal ressemble trop à mon journal’’. Je lui répondis ceci “ mais THIEBA, c’est grâce à toi. Tu nous as tout donné’’. Il se mit à rire de façon chaleureuse comme d’habitude tout en nous disant “ Bon courage, on est ensemble et c’était la vérité. Nous sommes ensemble. Je me souviens même qu’un jour son imprimerie était en panne et nous avons dû réveiller son comptable Yeo à 02h00 du matin pour financer notre impression dans une imprimerie concurrente de la place. Cette alliance stratégique industrielle nous a permis de tenir pendant longtemps le temps d’avoir une certaine notoriété dont nous jouissons encore jusqu’à présent. Quelques années plus tard, lorsque l’imprimerie MAYAMA a dû fermer, nous avons dû nous rabattre chez Samba Koné qui gérait l’imprimerie Sud Action Media. Le grand frère nous a également ouvert sa porte sur encore l’intervention de l’Imam Koudous. Entre temps la nouvelle loi sur la presse a été votée.  Tout journal devait être le produit d‘une entreprise de presse constituée sous la forme d’une société anonyme au capital de cinq million (5.000000 f CFA). Autrement dit, il fallait désormais des actionnaires, donc, qui devenaient du coup propriétaire légal d’un patrimoine construit à la sueur du bénévolat, de volontaire mus par leur simple militantisme islamique depuis les années d’écoles. En outre selon la nouvelle loi, il fallait payer des salaires conventionnés aux agents, les inscrire à la CNPS et leur garantir une assurance santé. Que faire ? Arrêter ou continuer ? Notre enthousiasme pour l’information de la communauté et tous les investissements déjà réalisés ne nous autorisaient pas à arrêter de sitôt, et si brusquement. Il fallait avoir le réflexe de survie, trouver des frères et sœurs capables de rassembler les cinq millions de capital pour constituer légalement la société les “ Editions ALIF ISLAM INFO’’. Et parallèlement nous nous sommes engagés ni à toucher le capital mis à notre disposition ni à leur demander d’autres apports financiers. Car pour nous un journal musulman n’était pas une affaire de business. Nous voulions tout simplement mettre à la disposition de la communauté et des imams, un instrument moderne de diffusion du message éternel de l’islam. Ainsi jusqu’à ce jour les cinq millions de capital sont sur le compte suivant CI008 01114 85447253 à la SGBCI. Donc à tout moment on peut vérifier l’intégralité de la somme versée par nos actionnaires. Ainsi depuis plus de dix ans islam info fait son petit bonhomme  de chemin. Mais peut-on continuer comme ça ? Car sans l’apport de certains frères et sœurs et l’esprit de sacrifice de nos jeunes agents, on n’en serait jamais là. Ceux qui nous ont aidés, pourront-ils continuer à le faire ? Les jeunes qui sont avec nous se sont maintenant mariés. Ils ont des enfants et une famille à nourrir. Que faire alors ? En attendant je vous donne le tableau des trois obstacles principaux de votre journal.

  • Aucun journal ne vit uniquement des ventes aux lecteurs. La publicité reste la source la plus importance. Dans le cas d’ISLAM INFO, nous ne pouvons accepter la publicité de certains produits commerciaux. Nous sommes donc limités.
  • La grande masse de notre communauté n’est pas alphabétisée, donc ISLAM INFO ne peut les intéresser contrairement à la radio AL BAYANE.
  • Enfin les élites qui savent donc lire ont accès à une pléthore de journaux, donc une multitude de choix en face d’ISLAM INFO.

Notre coût d’impression est d’un million (1000000) par mois. Que le journal soit vendu ou pas, nous devons payer cette somme a l’imprimerie soit douze million (12000000) par an. Pour une recette de vente d’à peine cinq cent mille francs (5000000) par mois. En outre il faut assurer les dépenses de fourniture et d’investissement et les charges du personnel.

Dépenses de fourniture et d’investissement

Que faire pour survivre ? Et comment faire alors ? A ISLAM INFO nous avons essayé plusieurs remèdes. Mais rien n’y fit. Ainsi on pourrait s’acheminer après ce mois de ramadan 2017, au début du processus de l’arrêt de production du premier hebdomadaire musulman ayant vécu plus de dix sans interruption aucune et ce, grâce à Dieu d’abord et ensuite à la ténacité d’une jeune équipe toute dévouée et à la générosité de musulmans et de musulmanes d’ici et d’ailleurs. En un mot comme en cent, il appartient a la communauté, a chacun d’entre vous de se prépayer l’éventualité de la disparition d’un journal qui s’appelait ISLAM INFO, et qui a vécu grâce à Dieu et à vous. Merci pour tout.

A la semaine prochaine. Peut-être.

PAR ABOU KHALFATIM

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