Japon: Tokyo déclare la guerre aux mauvaises odeurs

0
289

Les Japonais sont obsédés par l’hygiène et ont la phobie des émanations malsaines. A en croire certains d’entre eux, Tokyo, aujourd’hui, sentirait mauvais. Du moins ses immeubles et ses maisons. Pour répondre à ces plaintes, plusieurs municipalités de la mégalopole ont constitué des patrouilles chargées de détecter les odeurs désagréables émanant de ces constructions.

Tous les bâtiments de Tokyo, et il y en a énormément dans cette nébuleuse urbaine de 38 millions d’habitants, ne dégagent pas des odeurs désagréables. Mais il est vrai que sous certains d’entre eux se trouvent des fosses de drainage qui génèrent du sulfure d’hydrogène à l’odeur nauséabonde d’œufs pourris. Il est aussi produit par les gaz volcaniques et les sources d’eau chaude. Et le Japon, pays de volcans, en recense une multitude. Notre système olfactif est très sensible à cette substance. Ainsi, il nous permet d’être alertes avant une absorption pouvant être toxique.

Si la ville de Tokyo entend rendre ces fosses de drainage moins nauséabondes, elle ne dit pas encore comment elle va s’y prendre.

La traque des mauvaises odeurs : une obsession au Japon

Ce n’est pas la première fois que le Japon lance la chasse aux mauvaises odeurs. Une filiale de NTT, le géant des télécoms, avait développé sur internet un « portail d’odeurs ». L’utilisateur pouvait choisir sur ce site l’univers olfactif qu’il souhaitait créer chez lui et l’actionner à distance grâce à un ordinateur muni d’un appareil spécial contenant des essences odorantes. Ainsi, l’utilisateur pouvait se réveiller en appréciant les senteurs d’un jardin fleuri, ou commencer la journée avec des odeurs de pamplemousse ou de géranium. Ce service était destiné aux foyers individuels et aux entreprises pour créer des ambiances olfactives, mais pas aux bâtiments dégageant des odeurs d’œufs pourris.

Un marché florissant

Cette manie de la propreté et la traque incessante des mauvaises odeurs alimentent au Japon un marché florissant de produits aseptisés. Des chaussettes tuant les odeurs, ou encore des stylos anti-bactéries ont ainsi été conçus. Une société pharmaceutique avait même lancé, il y a une décennie, une pilule qui détruisait les odeurs des excréments. Elle avait été conçue à l’origine pour faciliter la tâche des aides-soignantes s’occupant des personnes âgées incontinentes, avant de faire fureur chez les jeunes Japonaises ne supportant pas les odeurs corporelles.

Par RFI

AUCUN COMMENTAIRE

REPONDRE