McDonald’s et le CIO : le divorce

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La fin d’une époque: le groupe de restauration rapide McDonald’s n’est plus partenaire du Comité international olympique dont il était sponsor depuis les JO de Montréal en 1976.

Le CIO et McDonald’s ont “d’un commun accord mis un terme à leur partenariat mondial”, a annoncé vendredi le CIO dans un communiqué précisant cependant que le groupe américain serait encore partenaire des prochains JO d’hiver en 2018 à Pyeongchang.

“McDo” était partenaire official du CIO au niveau local depuis les jeux Olympiques de 1976 à Montréal, même si des athlètes présents aux JO de Grenoble en 1968 avaient déjà pu goûter aux burgers américains. Le groupe américain était devenu membre du programme des partenaires TOP du CIO au niveau mondial “en 1997”, a précisé le CIO.

“Nous sommes présents sur les JO depuis plus de 40 ans”, explique ainsi McDonald’s sur son site internet. “Tout a commencé en 1968 quand des athlètes américains, qui avaient le mal du pays, s’étaient fait livrer par avion des burgers à Grenoble. Nous sommes ensuite devenus partenaire officiel en 1976”.

“Top program”

Le géant de la restauration rapide faisait partie des partenaires de premier niveau du CIO, réunis dans le “TOP program”, au côté notamment de Bridgestone, Panasonic, Toyota, Alibaba ou encore Omega. A ce titre, il a apporté des centaines de millions de dollars dans les caisse du CIO et était présent sur le Village olympique à chaque édition des Jeux.

Le programme mondial des partenaires olympiques TOP, créé en 1985, est géré et négocié directement par le CIO.

Les conditions financières de la fin de cette collaboration “ont été acceptées par toutes les parties, même si les détails y afférents demeurent confidentiels”, a ajouté le CIO, alors que McDonald’s avait, en 2012, prolongé son partenariat jusqu’en 2020.

Les autres partenaires, qui fournissent une très grande part des revenus du CIO, complétés par les droits de télévision, ont signé des engagements à long terme.

Ainsi, tous les partenaires mondiaux TOP actuels, comme Coca Cola et General Electric, sont engagés jusqu’en 2020. Bridgestone, Panasonic et Toyota sont engagés de leur côté jusqu’en 2024, Alibaba jusqu’en 2028, et Omega jusqu’en 2032.

Si son partenariat mondial avec le CIO prend fin immédiatement, McDonald’s assurera cependant ses opérations pendant les Jeux d’hiver en février 2018 à Pyeongchang (Corée du Sud), “notamment avec ses restaurants dans le parc et dans le village olympiques”, au titre de ses droits marketing dans le pays.

pas de remplaçant

Dans l’immédiat, le CIO ajoute qu’il “n’envisage pas de trouver un remplaçant direct à McDonald’s dans la catégorie des partenaires pour les services de restauration au détail”.

“Le niveau d’obésité et de maladies liés à l’alimentation dans le monde est alarmant et bien que cela ne puisse être reproché à McDonald’s, le groupe doit être conscient que son partenariat avec les JO est devenu +illogique+ voire +contreproductif”, a réagi pour l’AFP Patrick Nally, gourou britannique du marketing sportif, à l’origine du programme TOP du CIO.

Pour M. Nally, McDonald’s “dispose de bien d’autres moyens pour assurer sa promotion”.

Organisation sportive florissante, le CIO qui emploie plus de 500 personnes, tire ses revenus à 70 % des droits de télévision et à un moindre niveau de ses contrats avec ses partenaires.

Avec 3,6 milliards de téléspectateurs pour les JO de Londres en 2012, les Jeux olympiques d’été se disputent avec la Coupe du monde de football le titre d’événement sportif le plus regardé au monde.

Pour la période 2013/16, les droits de retransmission ont progressé de 7,4 % à 4,1 milliards USD par rapport à la période 2009/2012, a indiqué le CIO. Sur la période 2013/2016, le CIO tablait sur des revenus globaux en hausse, à 5,5 milliards USD.

Quelque 90 % de ces revenus sont reversés aux fédérations internationales, aux comités nationaux olympiques et aux comités d’organisation des JO. Ainsi, le CIO a-t-il versé officiellement 1,5 Md USD au comité d’organisation des Jeux de Rio, même si pour de nombreux observateurs, cette somme serait en réalité bien supérieure.

lepoint.fr

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