Macron et Trump sont deux hommes politiques qui ont utilisé des moyens différents pour arriver au pouvoir suprême.

On pourrait même dire qu’ils ont utilisé des moyens opposés pour arriver à leurs fins. Ne dit-on pas quela fin justifie les moyens?

Tout d’abord, voyons leurs points communs.

L’un et l’autre sont courageux et audacieux. Ils  n’ont pas hésité à défier l’ancien ordre, l’ordre établi depuis des dizaines d’années.

Pour Trump,il fallait “bypasserl’establishment’’de son parti, le parti Républicain pour parler directement aux militants. Le régime fédéral, et le système électoral américain des grands électeurs favorisent l’avènement  d’une  personnalité non politique à la Maison Blanche. Il suffit d’avoir en plus, de gros moyens financiers afin de s’offrir une machine logistique pour couvrirles 50 Etats des Etats Unis.

Macron, lui aussi a“bypassél’establishment’’ de son parti politique. Mais Contrairement à Trump il a eu l’intelligence politique de tenir un langage qui pourrait attirer, les “sans parti’’, les marginaux et même des électeurs de la droite classique française en mal de leader charismatique. Ainsi pour le choix, du Premier Ministre de son premier gouvernement, il est allé tout droit le piocher dans la Droite Républicaine, alors que lui-même est de la Gauche Socialiste.

En tout état de cause, quels que soient les moyens utilisés pour arriver au pouvoir suprême, l’exercice au quotidien de ce pouvoir tant recherché révèle les vraies qualités, les défauts avec les limites de l’homme politique. Ainsi, les cent jours de Trump (en attendant ceux de Macron) nous révèlent les leçons suivantes :

  1. la vertu et la réalité s’imposent toujours ; le refus des juges fédéraux de le suivre dans sa politique anti-immigration, et l’hésitation des membres du Congrès face à sa politique d’abroger complètement la loi “Obama care“;
  1. la surenchère peut donner une victoire politique mais jamais l’adhésion durable des électeurs;
  1. les partisans ne feront jamais de vous un Président aimé de tous ; la chute vertigineuse historique de sa côte de popularité dans les sondages en est un témoignage éloquent.
  1. Aussi bien au niveau national qu’international, DonaldTrump se retrouve isolé, et il devient une source de préoccupation pour les alliés traditionnels de l’Amérique.
  1. Les incidents avec les institutions de l’Etat, le monde du renseignement, la presse et les médias et même les Hauts fonctionnaires jaloux de leur indépendance se multiplient.
  1. L’inquiétude et la déception s’installent chez ses adversaires et dans son propre camp.
  1. DonaldTrump a commencé à rétropédaler assez souvent tout en accusant ses adversaires de l’empêcher de travailler, car il ne se remet jamais en cause.
  1. Dans l’opinion publique et à l’étranger, on se pose des questions sur sa capacité à tenir jusqu’au bout ses promesses électorales, et à respecter les accords internationaux signés par les US
  1. L’image de son pays commence à ressembler à son image dégradée.

Ainsi après les cent jours, DonaldTrump a le choix entre persister ou prendre en compte les dures réalités des institutions et de la société américaine, et faire un choixentre :

  • le dogmatisme et la réelle politique,
  • son égo et l’humilité des Grands,
  • le «vivre isolé », ou le « vivre ensemble ».

Telles sont les questions fondamentales qui se présentent à tout homme politique après la conquête du pouvoir,quels que soient les méthodes utilisées.

A l’inversede Trump qui s’arqueboute sur ses certitudes et son clan, Macron ratisse large et tente de rassurer chaque français, quelque soit son origine, et sa religion. Pendant que Macron promet l’espoir, Trump vend les frustrations.

Au moment oùTrump parle de murs pour empêcher les Mexicains, et immigrants de pays musulmans d’envahir son pays, Macron s’exprime au sujet des refugiés en ces termes : ‘‘ l’Europe n’a pas réagicomme elle aurait dû lors de la vague importante de réfugiés qui s’est présentée à nos côtés… Confondre les terroristes avec les demandeurs d’asile, avec les réfugiés ou toute forme de migration est une erreur morale, historique et politique profonde…’’

Ainsi, en un mot  comme en cent : tout oppose les deux personnalités même les sondages. Ainsi un sondage mené entre le 14 et le 18 mai, relève que 38% des personnes interrogées disent approuver l’action du nouvel occupant de la Maison Blanche, tandis  que 56% la désapprouvent, le reste disant avoir des sentiments partagés. Au sein des républicains, la proportion de personnes disant désapprouver l’action de DonaldTrump est passé de 16% à 23%. Quant à Macron, sa côte de popularité atteint 62%.Dans les mêmes circonstances, il a fallu à peine deux semaines à Donald Trump pour que les courbes d’approbation et de désapprobation de son action se croisent, selon les analyses effectuées par le site FIVETHIRTYEISHL.

Bien entendu, et fort heureusement les deux Présidents Donald Trump et Emmanuel Macron sont le produit de deux grandes démocraties, et de deux grandes nations. Comme quoi en démocratie tout peut arriver.

Par Abou Khal Fatim, Islam Info

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