Une centaine d’ex-combattants ont barré la principale voie d’accès à la ville de Bouaké, dans le nord du pays, ce lundi 8 mai. Un mouvement d’humeur qui n’a pas laissé indifférent le gouvernement, qui même s’il continue de négocier, pourrait ne plus hésiter à brandir la carte de la fermeté.

Le gouvernement ivoirien va-t-il laisser libre cours aux demandes de primes répétées des anciens combattants qui donnent lieu à des blocages accompagnés de violences depuis maintenant plusieurs mois ? Le dernier mouvement d’humeur s’est produit lundi 8 mai à Bouaké, la grande agglomération du nord, où une centaine d’ex-combattants ont barré la route principale pour exiger des primes de 18 millions de francs CFA chacun et la reconnaissance de leur grade de caporal.

Les manifestants ont brandi un chapelet de revendications, notamment l’insertion de certains d’entre eux dans les corps de paramilitaires (douanes, sapeurs-pompiers civils, eaux et forêts…). Ils exigent aussi leur recrutement dans les régies financières.

« J’étais à Bouaké et j’ai parlé avec les autorités préfectorales et militaires qui géraient le dossier, je n’ai pas eu de contacts avec les manifestants », a confié a confié à Jeune Afrique, non sans agacement, Sidi Touré, le ministre de l’emploi des jeunes et du service civique, qui se trouvait lundi dans la capitale du Centre pour une cérémonie de remise de kits d’affectation à des jeunes volontaires nationaux.

Le gouvernement ne comprend plus les ex-combattants

Aucun accord n’a été trouvé, ni avec les autorités militaires, ni avec les autorités préfectorales. Les manifestants promettent de se mobiliser à nouveau. Ce sont désormais l’incompréhension et la colère qui prédominent au sein du gouvernement, qui ne comprend plus l’attitude des ex-combattants.

Amadou Koné, le ministre des transports et cadre des ex-rebelles, avait tenté en vain de raisonner les ex-combattants fin avril. « Les démobilisés font du chantage, l’État leur a fait bénéficier de programmes adaptés et chacun a reçu des fonds pour s’insérer, mais ils ont tout flambé et en veulent encore. C’est un mouvement de trop », explique un connaisseur du dossier proche du gouvernement.

JEUNE AFRIQUE

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