De 1100 FCFA, le prix du cacao passe à 700 FCFA le kilogramme pour la campagne intermédiaire de commercialisation de 2017. Pour garantir les 60% du prix CAF aux producteurs, l’Etat a décidé de faire des concessions. Des taxes fiscales et parafiscales ont été supprimées et revues à la baisse. Soit 43 Milliards FCFA que l’Etat devra laisser filer.

« Le chef de l’Etat, lui-même a accepté de consentir, une fois de plus, une réduction encore plus importante de la fiscalité, au moment où notre pays a plus que jamais besoin de toutes les ressources disponibles. Ont également beaucoup baissés les éléments liés à la parafiscalité. Ainsi c’est plus de 43 milliards Francs CFA de sacrifice consenti par l’Etat » fait savoir Lambert Kouassi Konan, PCA du conseil Café-Cacao.

Une décision qui aura tout de même un impact considérable sur le budget national selon certains analystes. « C’est un coup dur porté au budget après ceux du mouvement militaro-social » rappelle Maxime Sako, analyste économiste.

« La Côte d’Ivoire tire essentiellement son revenu de l’exportation du café-cacao. Les prix ayant baissé sur le marché international, le Président Ouattara était obligé de revoir à la baisse le prix à l’échelle nationale » explique Prao Yao, analyste économiste.

«  Mais il faut avouer que le premier prix de 1100FCFA a été fixé non pas selon les critères économiques mais selon les critères politiques dans un contexte électoral où il fallait conquérir des électeurs. Aujourd’hui la Côte d’Ivoire a été rattrapé par les fondamentaux. L’offre excédant la demande, le prix a baissé sur le marché international. Mais, c’est pour amortir ce genre de choc et stabiliser les prix tout en garantissant un minimum aux producteurs qu’une caisse de régulation a été mise en place avec un fonds de réserve à hauteur de 120 milliards de FCFA. Mais il se trouve que cette caisse est en ce moment vide. Le gouvernement est alors obligé, à son corps défendant, de revoir le prix du cacao à la baisse et perdre 43 Milliards FCFA. En réalité le gouvernement n’est pas généreux, il cache les tares au niveau de la caisse» relève l’enseignant-chercheur en Economie.

Pour Maxime Sako, Doctorant en Economie, interrogé par Politikafrique.info, l’Etat a tout simplement céder à la pression du marché international. « En fixant le prix du cacao à 1100f, l’Etat espérait que le produit prenne de la valeur. Pendant ce temps, il faisait patienter les producteurs pour le paiement et dans le jeu de la spéculation. Mais, la remontée des prix n’ayant pas eu lieu et avec la grogne des producteurs, l’Etat a été obligé de fixé le prix du cacao à 700 FCFA » explique-t-il.

Certains voient en cette baisse, une stratégie de l’Etat. « Le gouvernement pense que les années à venir, les prix ne vont pas constamment augmenter. Dans ce cas il fait bien de fixer à 700F /KG. C’est un prix moyen qu’il peut supporter» analyse Dr Prao Yao.

« 43 Milliards FCFA de perte, c’est un manque que l’Etat devrait réussir à gérer. Il peut revoir à la baisse son budget, procéder à des coupes budgétaires sur certains projets» conclu pour sa part Maxime Sako.
Si les prix se comportent mieux sur le marché international, la Côte d’Ivoire pourra engranger des bénéfices et renflouer les caisses selon les économistes.

Politik Afrique

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