C’est la rentrée des classes en Afghanistan, ce jeudi 23 mars. Des milliers d’enfants retrouvent le chemin de l’école dans le centre et le nord du pays. Mais ils sont aussi nombreux à en être privés. Faute de structure, faute de sécurité, faute d’enseignants.

Ce jeudi devrait être joyeux mais il reflète au contraire la tragédie de millions d’enfants privés d’éducation parce qu’ils doivent lutter pour leur survie. Selon l’ONG Save The Children, un tiers des enfants afghans ne peut pas aller à l’école faute de structure dans certaines régions reculées mais aussi en raison de l’insécurité.

Dans les zones sous contrôles de groupes armés tels que les talibans ou l’organisation Etat islamique, les écoles sont portes closes, elles sont même parfois transformées en lieu de retranchement par les insurgés ou les forces armées gouvernementale, ce qu’a récemment souligné l’ONU.

Au-delà de l’insécurité, Bahirullah Wyaar, conseiller pour l’éducation nationale en Afghanistan de Save The Children, souligne d’autres raisons à cette déscolarisation : « il y aussi la distance jusqu’à l’école, puis le harcèlement sur le chemin de l’école, cela concerne en particulier les jeunes filles, il y a aussi le manque de femmes parmi les enseignants, et enfin des normes culturelles très strictes. »

Réfugiés sur le retour

Quant aux enfants de réfugiés, rentrés de gré ou de force du Pakistan et de l’Iran voisins, la plupart d’entre eux ne retrouvent pas le chemin de l’école en Afghanistan mais se mettent à travailler pour aider leur famille. A Kaboul, ils sont ainsi des milliers à slalomer entre les voitures pour vendre des stylos, des chewing-gums, ou un chiffon à la main proposant de laver les pare-brise des conducteurs. D’autres sont assis sur les trottoirs et proposent aux passants de cirer leurs chaussures.

« La situation s’est détériorée l’an dernier avec l’arrivée de plus de 600 000 réfugiés afghans qui ont été contraints de quitter le Pakistan, et parmi eux 450 000 enfants qui ne vont plus à l’école, rappelle Bahirullah Wyaar. Et lorsque les enfants sont déscolarisés ils sont menacés d’exploitation, de négligences. Les jeunes filles risquent le mariage précoce ou le travail forcé. L’exploitation signifie également que ces enfants risquent d’être recrutés dans des groupes armés ou d’être victimes de trafic d’enfants. »

Selon le ministre de l’Education nationale, 9 millions d’élèves sont enregistrés, mais 24% d’entre eux ne se rendent pas en classe. Il existe officiellement 17 000 écoles à travers le pays, mais il est extrêmement difficile de connaître le nombre d’entre elles qui fonctionnent véritablement. Certaines ONG soulignent par ailleurs l’absentéisme important dans le corps enseignant. Payés moins de 200 dollars par mois, soit 185 euros, ils sont nombreux à cumuler les emplois.

RFI

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