L’Organisation internationale du cacao (Icco), implantée à Londres depuis 1973 installera le 25 avril son siège à Abidjan, la capitale économique de la Côte d’Ivoire, premier producteur mondial de la fève.

« Au terme de 44 années passées au Royaume uni, pays consommateur, l’institution manifeste de ce fait sa volonté de se rapprocher des réalités des producteurs de cacao, afin de leur apporter son expertise » souligne l’Icco dans un communiqué, à propos de ce transfert annoncé en 2015.

L’inauguration officielle du siège abidjanais de l’instance aura lieu le 25 avril, semaine pendant laquelle doit avoir lieu une rencontre internationale sur le cacao à Abidjan. Ce transfert effectif du siège intervient après des remous qui secouent depuis plusieurs semaines la filière en Côte d’Ivoire.

Le cours du cacao est tombé la semaine dernière sur le marché londonien au plus bas depuis trois ans et demi, à 1533 livres sterling la tonne, et à 1869 dollars la tonne à New York, son point le plus bas en huit ans et demi. La filière française du commerce équitable s’était même inquiétée de la forte chute des cours mondiaux du cacao pour l’avenir des petits producteurs et des risques de grave tension sociale en Côte d’Ivoire, premier producteur mondial.

Le cacao vital pour la Côte d’Ivoire

Un récent rapport de l’Icco a confirmé les risques de surplus de l’offre par rapport à la demande, avec un excédent prévu de 264 000 tonnes pour la saison 2016-2017, qui a débuté en octobre. On estimait fin février à 350 000 tonnes de cacao la hausse inattendue de la production en Côte d’Ivoire. Des tonnes de cacao restaient invendues à l’intérieur du pays et dans ses deux ports, San Pedro et Abidjan.

Le gouvernement ivoirien a annoncé que la situation était en train de se résorber. « La pression reste forte, a déclaré son porte-parole, Bruno Koné. Tout est mis en oeuvre pour décanter cette situation. Le gouvernement en fait une vraie priorité : nous savons l’importance du cacao dans notre économie, et le nombre de personnes touchées par cette spéculation en Côte d’Ivoire ».

Tout est fait pour réduire le plus possible les difficultés que pourraient connaître nos parents paysans.

« Tout est fait pour réduire le plus possible les difficultés que pourraient connaître nos parents paysans », a-t-il encore assuré, soulignant que le gouvernement et la Caisse de cacao garantissaient un prix de 1 100 F CFA (1,67 euro) par kg aux producteurs.

Le cacao est vital pour l’économie ivoirienne. Ce secteur représente 15% du PIB, plus de 50% des recettes d’exportation et surtout les deux tiers des emplois directs et indirects et des revenus de la population, selon la Banque mondiale.

Jeune Afrique avec AFP

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