Depuis son arrestation en 2011 et son placement en résidence surveillée dans un hôpital militaire cairote, Hosni Moubarack aura attendu. Une attente ponctuée de frayeur et d’espoir qui aura duré sept longues années. Mais aujourd’hui, à la surprise des familles des victimes, celui qui aura régné 30 ans sur l’Egypte peut retrouver le confort de sa villa au Caire, les crimes dont on l’accuse, rayés de son casier.

Pour les familles, le verdict a dû être un coup de massue. Il leur faudra trouver un responsable autre que l’ancien président Hosni Moubarak pour la répression en 2011 des 240 victimes de la place Tahrir au Caire, dont les manifestations ont fini par entraîner son départ.

La fin de la prison médicale

Dans un verdict rendu ce lundi 13 mars, la Haute cour de justice égyptienne a ordonné la remise en liberté de l’ancien président (1981-2011). La décision judiciaire décharge Hosni Moubarak de toute responsabilité dans les massacres lors de la révolution et confirme le verdict rendu, début mars 2017, par la cour de Cassation du pays.

Hosni Moubarak, qui était détenu dans un hôpital militaire du Caire pourra « rentrer chez lui lorsque les docteurs diront qu’il peut sortir », précise Me Farid El-Deeb, l’avocat de l’ancien président qui avait introduit une demande de remise en liberté après la décision en cassation. La remise en liberté exclut, selon Me El-Deeb, la possibilité pour son client de voyager hors du pays. Le verdict de la Haute cour raconte peut-être la fin de ce long feuilleton judiciaire.

Son début, se situe en août 2011, six mois après sa chute sous la pression de la place Tahrir. Sur la tête de l’ancien président, transporté dans le prétoire du tribunal du Caire sur une civière, pend alors la menace de la peine de mort par pendaison sur une longue liste de chefs d’accusation pour « meurtre et tentative de meurtre sur des manifestants, abus de pouvoir et de biens sociaux et atteinte aux intérêts de l’État » lors de la révolution.

Une autre manche du feuilleton judiciaire pour “corruption” en vue

Affaibli, l’ancien président, victime d’un infarctus pendant un interrogatoire -une simulation pour certains-, plaide « non coupable » mais sera condamné à perpétuité un an plus tard. Sur fonds de spéculations sur son état de santé qui le donnait sous respiration artificielle, un autre tribunal égyptien prononce l’abandon des charges à l’encontre de Hosni Moubarak, libéré sous condition. Le parquet est furieux et se pourvoit en cassation.

Le feuilleton judiciaire se poursuit devant la cour de cassation avec Hosni Moubarak toujours en surveillance à l’hôpital militaire. Le 2 mars dernier, la messe est dite : la dernière procédure pour espérer faire condamner l’ex-raïs qui aura régné sur l’Egypte pendant trois décennies, échoue. A 88 ans, Hosni Moubarak est libre, les familles des victimes sont effondrées. Elles s’accrochent à l’espoir de le voir condamné pour « corruption ». Mais ça, c’est est un autre combat judiciaire à venir !

Par Ibrahima Bayo Jr.

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