Dans nos Echos de campagne, nous voici à moins de cinquante jours de l’élection présidentielle… Marine Le Pen et Emmanuel Macron continuent leur course en tête des sondages, Benoît Hamon pour le PS et François Fillon pour les Républicains, tentent toujours eux, de rassembler leur propre camp.

Opération « rassemblement » à droite, au lendemain du psychodrame qui a failli faire chuter François Fillon, toujours empêtré dans les affaires mais sauvé par sa démonstration de force dimanche dernier au Trocadéro avec les foules très à droite et très catholiques de Sens commun. François Fillon a sauvé sa place de candidat, au grand dam d’Alain Juppé qui, un rien amer, a donc jeté l’éponge lundi 6 mars, étrillant au passage « le jusqu’au-boutisme » de Fillon et le rétrécissement de la droite, à ses yeux radicalisée : « Pour moi la condition du succès c’est évidemment le rassemblement le plus large possible de la droite et du centre. Ce rassemblement est devenu aujourd’hui plus difficile encore. Comme l’a montré la manifestation du Trocadéro, le noyau dur des militants et sympathisants LR s’est radicalisé »

Réponse immédiate et quasi sur le même ton de François Fillon, qui assure lui – être toujours soutenu par l’électorat de la droite et le centre : « Près de 200 000 Français et Françaises sont venus au Trocadéro et ils n’étaient pas des extrémistes, c’étaient des citoyens responsables, des électeurs de la droite et du centre qui avaient quelque chose de sincère et de beau dans le cœur ».

« La sincérité et la beauté du cœur » suffiront-elles à rassembler la droite tout entière derrière un candidat – quelque peu cabossé et qui pourrait être mis en examen dès la semaine prochaine ? En attendant, François Fillon a repris langue avec les centristes de l’UDI et s’est entouré d’une garde rapprochée, toute sarkozyste, François Baroin chargé désormais du « rassemblement politique », Luc Châtel au porte-parolat et Christian Jacob à la coordination .Les juppéistes eux ne font pas partie de ce rassemblement.

A gauche aussi, l’heure est au rassemblement

Même combat pour le candidat socialiste Benoît Hamon dont la campagne patine, à 14% dans les sondages talonné par l’insoumis Jean-Luc Mélenchon, Benoît Hamon tente lui aussi le grand rassemblement. Sans véritablement convaincre face à la force d’attraction d’Emmanuel Macron. Mercredi 8 mars, c’est l’une des grandes figures du parti l’ancien maire de Paris Bertrand Delanoë qui a rejoint en Marche : « le positionnement de Benoît Hamon à la gauche de la gauche et sa difficulté à rassembler la gauche et demain à rassembler les français m’amènent à penser qu’il faut donner le maximum de force au premier tour à Emmanuel Macron le candidat qui peut battre Marine Le Pen ».

Et après Bertrand Delanoë, c’est un autre poids lourds Jean-Yves Le Drian le ministre de la Défense qui s’apprête à rallier Emmanuel Macron. Le leader d’En Marche, principal tenant du vote utile contre le Front national est désormais au coude à coude avec Marine Le Pen dans les sondages. C’est donc tout naturellement contre lui que la patronne du FN redouble de coups : « Macron est le candidat de l’immigration massive, il veut naturaliser en masse les étrangers. Il est aussi le candidat des grandes puissances financières. Macron c’est le mondialiste, je suis la patriote ».

Marine Le Pen, la patronne du FN, sera l’invité de Mardi Politique sur RFI, la semaine prochaine. A suivre également sur nos antennes la visite de Benoît Hamon aux Antilles ce week-end avant la présentation de son programme sans doute mercredi prochain, le 15 mars. Au même moment les juges trancheront en faveur ou non d’une mise en examen de François Fillon. Enfin, jeudi prochain, le 16 mars, Emmanuel Macron fera le voyage à Berlin pour être reçu par la chancelière Merkel. De quoi faire encore râler à gauche « Macron c’est “La La land” », dit ainsi un ministre, en référence à la comédie musicale un peu mièvre sortie – sur grand écran – il y a quelques semaines.

Par Véronique Rigolet, Alice Pozycki

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