Le décret américain interdisant l’entrée des réfugiés et des ressortissants de sept pays majoritairement musulmans, bien que suspendu par la justice, fait sentir ses effets : l’entrée aux Etats-Unis est déjà devenue beaucoup plus contrôlée dans les aéroports. Un fils du légendaire boxeur Mohamed Ali, de nationalité américaine comme son père, a été retenu et interrogé deux heures durant à son retour au pays, début février.

Mohamed Ali Jr et sa mère Khalila Camacho-Ali, deuxième épouse du légendaire boxeur américain, ont été retenus à leur arrivée à l’aéroport de Fort Lauderdale le 7 février dernier, en provenance de la Jamaïque. Selon un de leurs amis, Chris Mancini, qui se trouve aussi être leur avocat, ils ont été arrêtés à l’immigration, à cause de leur nom à consonance arabe.

Si la mère a été relâchée après avoir montré aux douaniers une photo d’elle-même au côté de son ex-mari, son fils Mohamed Ali Jr, qui n’en avait pas, a pour sa part été longuement interrogé par un officier du service d’immigration. Ce dernier lui aurait demandé à plusieurs reprises d’où venait son nom et s’il était musulman. Quand il a répondu qu’il l’était, l’interrogatoire s’est prolongé, l’officier voulant en savoir plus sur sa religion et son lieu de naissance.

Le fils de Mohamed Ali est natif de Philadelphie et dispose d’un passeport américain… Mme Camacho Ali et son fils, qui voyagent fréquemment à travers le monde, n’ont jamais connu pareil traitement. Pour leur avocat, pas de doute, la famille Ali a été victime de la nouvelle politique de l’administration Trump, qui essaie d’interdire l’entrée des musulmans aux Etats-Unis. C’est un cas classique de profilage, déclare Chris Mancini. L’incident est symptomatique du malaise que ressentent nombre de musulmans vivant aux Etats-Unis.

LE FRANÇAIS HENRY ROUSSO LUI AUSSI RETENU PLUSIEURS HEURES PAR LES SERVICES D’IMMIGRATION AMÉRICAINS

L’historien français Henry Rousso, spécialiste de l’Holocauste et de l’Occupation nazie en France, a connu les mêmes déboires comme le fils Ali mercredi 22 février. Venu donner une conférence dans une université du Texas, il a été détenu pendant 10 heures à l’aéroport de Houston et a failli être refoulé en raison d’une erreur d’interprétation concernant son visa. L’agent lui reprochait de n’avoir qu’un visa touristique et non un visa spécifique de travail. Les responsables de l’université du Texas sont finalement parvenus à empêcher son expulsion avec l’aide d’une professeure de droit spécialisée dans les questions d’immigration, Fatma Marouf.

RFI

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