Emplois présumés fictifs au Parlement européen: rapport à charge contre Le Pen

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Marianne et Mediapart ont publié, jeudi 16 février 2017, un rapport de l’Olaf, un organe non judiciaire réalisant des enquêtes administratives, qui met en cause Marine Le Pen, accusée d’avoir établi « un faux contrat de travail » pour son garde du corps Thierry Légier. Un doute subsiste sur le travail d’assistante parlementaire d’une autre collaboratrice, Catherine Griset. Le rapport est entre les mains de la justice française, qui enquête depuis 2015 sur des emplois présumés fictifs du FN au Parlement européen.

C’est un document censé rester confidentiel. Vingt-huit pages qui prennent le temps d’analyser la situation de douze assistants parlementaires (trois assistants accrédités et neuf assistants locaux) « embauchés successivement par la présidente du FN à Strasbourg sous la précédente et l’actuelle mandature (2009 à 2014 et depuis 2014). Leurs contrats, rémunérations, fonctions », détaille Mediapart, qui publie des extraits comme Marianne.

L’Office européen de lutte contre la fraude (Olaf), qui a réalisé ce rapport pour faire des recommandations – il n’a pas de pouvoir judiciaire pour enclencher des poursuites -, a transmis son document le 26 juillet dernier à la justice française, qui enquête depuis mars 2015 sur la question et qui « devra se prononcer sur la dimension pénale des faits qu’il révèle », précise le site d’information.

« Le parquet de Paris a élargi son enquête préliminaire à la période 2010-2016, puis ouvert, le 15 décembre dernier, une information judiciaire contre X pour ” abus de confiance “, ” recel d’abus de confiance “, ” escroquerie en bande organisée “, ” faux et usage de faux ” et ” travail dissimulé “ ». « Les enquêteurs doivent établir les faits qui sont susceptibles d’être poursuivis, ceux qui ne le sont pas, et ceux qui sont prescrits », conclut Mediapart.

Deux cas particuliers dans le viseur du Parlement européen

Selon le rapport de l’Olaf, « les allégations initiales de conflits d’intérêts et d’emplois fictifs » concernant deux collaborateurs, M. Légier et Mme Griset, sont constituées. La candidate frontiste à l’élection présidentielle est notamment soupçonnée d’avoir produit, à l’automne 2011, « un contrat de travail apparemment faux pour l’emploi fictif de M. Légier », garde du corps et assistant parlementaire, manifestement.

« L’enquête a également montré que Mme Le Pen avait fait employer Mme Griset par le Parlement européen sur un poste d’assistante parlementaire accréditée à Bruxelles alors qu’elle était son assistante personnelle au siège de son parti en France », écrivent les rédacteurs du rapport. Au total, selon l’Olaf, le préjudice qu’aurait subi le Parlement européen s’élève à 339 946 euros.

Marine Le Pen, le 4 février 2017 à Lyon. Derrière elle à gauche, Thierry Légier. A droite, Catherine Griset.JEFF PACHOUD / AFP

Au départ, les soupçons concernaient une quarantaine de personnes. Au fil de l’enquête, ils ont été revus très à la baisse. Les soupçons pesant sur deux figures du Front national, Florian Philippot et le compagnon de la présidente du mouvement, Louis Aliot, n’ont par exemple pas « pu être confirmés », explique le rapport.

« C’est sur la base de ce rapport que le Parlement européen a demandé à la présidente du FN le recouvrement de 340 000 euros, correspondant aux salaires versés à deux de ses assistants. Si Marine Le Pen a refusé de rembourser cette somme, celle-ci est retenue depuis le 1er février 2017 sur son indemnité d’élue (à 50 %), ses frais généraux (à 100 %) et ses indemnités journalières (à 50 %) », relate Mediapart.

Par lepoint.fr

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