Nucléaire civil: le groupe japonais Toshiba dans la tourmente

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Nouvelles secousses pour Toshiba, devenu l’un des principaux acteurs mondiaux du nucléaire civil depuis son rachat de l’Américain Westinghouse. Le conglomérat japonais a annulé, ce mardi 14 février 2017, la publication de ses résultats financiers. Il devait dévoiler le montant de dépréciation d’actifs de Westinghouse liés à des coûts inattendus dans la construction de centrales nucléaires aux Etats-Unis. Toshiba soupçonne aujourd’hui des irrégularités dans sa filiale Westinghouse, et publiera ses résultats avec un mois de retard.

Avec notre correspondant à Tokyo, Frédéric Charles

Toshiba devait annoncer ce mardi que sa survie est menacée. La perte de valeur de sa filiale Westinghouse dépasserait les 6 milliards de dollars. Le conglomérat s’est aperçu trop tard que la société Stone & Webster, achetée en 2015 par Westinghouse pour construire deux centrales nucléaires en Géorgie et en Caroline du Sud, était très endettée et qu’elle n’avait plus l’expertise nécessaire pour mener ces deux chantiers.

Car depuis l’accident nucléaire de Three Mile Island aux Etats-Unis, et l’arrêt de toute construction de centrales nucléaires durant une trentaine d’années, l’industrie nucléaire américaine souffre d’un manque d’ingénieurs et de techniciens spécialisés.
Westinghouse a cumulé un énorme retard dans la construction des deux centrales. Et les coûts ont flambé depuis l’accident de Fukushima et l’entrée en vigueur de normes de sûreté plus draconiennes.

Selon un lanceur d’alerte, la direction de Westinghouse a exercé des pressions sur une société intermédiaire pour accélérer le rachat de Stone & Webster, dont la valorisation est contestée. L’Etat japonais veut éviter la faillite de Toshiba, car il est très impliqué dans le démantèlement de la centrale de Fukushima.

Par RFI

 

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