«Sujud ash shukr» ou «prosternation de gratitude», comporte de nombreuses modalités et des bienfaits incommensurables pour le musulman qui la pratique. Sujud ash shukr est un acte recommandable lorsque l’on est touché par un bienfait qui nous rend heureux, ou suite au renouvellement d’un bienfait, ou encore lorsqu’un mal est repoussé.
Ainsi, il s’agit d’une prosternation qui marque une reconnaissance établie pour réagir à la facilitation d’une affaire par Allah (subhannou wa ta’ala) sous forme de l’acquisition d’un intérêt ou de la réparation d’un préjudice. Le hadîth établissant la prosternation de gratitude a été rapporté par Abou Bakrata qui dit : «Quand le Prophète (salla alayhi wa salam ) apprenait ou acceptait une affaire qui lui faisant plaisir, il se prosternait, histoire d’exprimer sa gratitude à l’endroit d’Allah le Très Haut (subhanou wa ta’ala)». (rapporté par les Cinq à l’exception de Nassaï).
At-Tirmidhi dit de ce hadith qu’il est beau et étrange . La version d’Ahmad dit : «Il se trouvait aux côtés du Prophète (salla alayhi wa salam ) qui était couché, la tête contre le sein d’Aïcha et qui se leva puis se prosterna». (rapporté par Ahmad, 5/45 et al-Hakim,4/291).

La prosternation de gratitude ne fait pas partie de la prière, elle ne doit pas y être intégrée. Il s’agit d’une prosternation de reconnaissance à l’arrivée d’une bénédiction apparente ou à la résolution d’une détresse quelque soit le moment du jour ou de la nuit. Il n’y a aucune obligation qui prescrit de faire Sujud ash shukr, mais le prophète Muhammad (sallAllahou ‘alayhi wa salam) la pratiquait comme le transmet Sa’d Ibn Abi Waqqas (qu’Allah l’agrée) qui dit : «Nous étions avec le prophète (sallAllahou ‘alayhi wa salam), quittant Makkah (La Mecque) et espérant nous rendre à Al-Madina (Médine). Alors que nous étions près de Azwara (un lieu d’arrêt près de Makkah), Il (sallAllahou ‘alayhi wa salam) s’est arrêté et a levé ses mains en invoquant pendant une heure, et Il s’est ensuite laisser tomber pour se prosterner. Il est resté ainsi quelque temps et s’est ensuite levé, étendant ses mains pendant une autre heure. Il s’est de nouveau prosterné et a ensuite invoqué et après s’être prosterné une troisième fois il (sallAllahou ‘alayhi wa salam) a dit : « En vérité j’ai demandé à mon Seigneur l’intercession pour ma nation. On m’a accordé la permission d’intercéder pour un tiers, donc je suis tombé pour me prosterner devant mon Seigneur par gratitude. Puis j’ai relevé ma tête et j’ai demandé à mon Seigneur pour ma nation et on m’a accordé un autre tiers. Donc je suis tombé pour me prosterner devant mon Seigneur par reconnaissance et je me suis ensuite relevé pour demander à mon Seigneur de nouveau l’intercession pour ma nation. Il m’a donné la permission d’intercéder pour le dernier tiers donc je me suis prosterné devant mon Seigneur. » (hadith 1159 est rapporté par Abû Dawud).

D’autres éléments rapportés relatent la pratique de la prosternation de gratitude.
Ainsi, quand Abou Bakr (qu’Allah l’agrée) apprit l’exécution de Moussaylima, il se prosterna. (rapporté par Said ibn Mansour dans ses Sunan).
Quand ‘Ali découvrit l’homme au sein parmi les rebelles (Khawaridj qui le combattaient) il se prosterna. (rapporté par Ahmad dans al-Mousnad).
Enfin, quand Ka’ab ibn Malik apprit du vivant du Prophète (sallAllahou ‘alayhi wa salam) qu’Allah (subhanou wa ta’ala) avait accepté son repentir, il se prosterna. (le récit est cité dans les deux Sahih).

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