“Le contrat sera signé de manière imminente”, a indiqué à Jeune Afrique un porte-parole de la filiale gabonaise du groupe pétrolier anglo-néerlandais Shell, présente au Gabon depuis 1960, confirmant la revente de champs pétroliers pour un montant compris entre 600 millions et un milliard de dollars au géant américain du capital-investissement Carlyle.

L’imminence de cette cession provoque l’inquiétude des 400 salariés de la filiale, qui ont menacé lundi de durcir une grève lancée le 12 janvier. Shell doit signer courant janvier un accord de vente de ses actifs au Gabon avec Carlyle, a indiqué une source à l’AFP. Une information dont Jeune Afrique a obtenu confirmation.

Également candidat au rachat, le groupe français Perenco, spécialisé dans l’optimisation de la production de gisements en fin de vie, ne devrait finalement pas être retenu. « Carlyle est très nettement favori », affirme le porte-parole de la filiale gabonaise joint par Jeune Afrique.

Les 400 salariés gabonais doivent être repris par le nouveau propriétaire. Ceux-ci s’inquiètent cependant du départ d’une société qui « a créé et promu un environnement de travail d’une qualité exceptionnelle », selon leur syndicat, l’Organisation nationale des employés du pétrole (ONEP).

S’estimant victimes d’un préjudice du fait de la revente, les salariés ont entamé jeudi une grève qui s’est traduite par une réduction progressive de la production. « L’ONEP se réserve le droit de durcir la grève dès demain mardi 17 janvier 2017 », si ses revendications ne sont pas satisfaites, précise le syndicat.

Présent au Gabon depuis plus de 50 ans

En avril 2016, Shell espérait recevoir des offres pour ses actifs pétroliers terrestres au Gabon d’ici le mois de juin. Selon une source citée par Reuters, le jeudi 21 avril, le géant pétrolier demandait 700 millions de dollars pour la cession de ces actifs. Shell entend céder au moins 30 milliards de dollars d’actifs sur trois ans afin de financer le rachat du britannique BG Group, une transaction à 52 milliards de dollars validée en février dernier.

Shell est présent au Gabon depuis plus de cinquante ans, où sa production pétrolière atteint environ 60 000 barils par jour à partir de cinq champs principalement terrestres, dont deux des principaux gisements pétroliers découverts dans le pays : Rabi Kounga et Gamba/Ivinga, situés dans la province d’Ogooué-Maritime, dans le nord-ouest du pays.

Le Gabon, qui a récemment demandé à réintégrer l’Organisation des pays exportateur de pétrole (Opep), a vu sa production pétrolière chuter depuis la seconde moitié des années 1990, période durant laquelle elle dépassait 350 000 barils par jour.

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