Maroc : « La CAN 2017, c’est fini pour nous ! »

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Dans la soirée de lundi, tout le Maroc avait les yeux rivés sur le petit écran pour regarder le premier match des Lions de l’Atlas en Coupe d’Afrique des nations. Ambiance dans une brasserie de Casablanca.

Il est 18h55 sur le boulevard Brahim Roudani à Casablanca. La circulation sur cette artère névralgique de la métropole est particulièrement fluide en ce début de soirée du lundi 16 janvier. Normal ! Tout le monde a déjà pris place dans un café pour regarder le premier match de l’équipe nationale dans la Coupe d’Afrique des nations (CAN) 2017, face à la République démocratique du Congo.

Au Café la Presse, une des brasseries mythiques de la capitale économique, il y a foule. Tous les habitués sont là ce soir. Ceux-là même qui se donnent rendez-vous chaque week-end dans ce temple du football et de la bière pour regarder les matchs de la Liga espagnole, de la Premier League anglaise ou encore de la Botola marocaine. Mais si le comptoir de cette brasserie (à l’image du monde du football) est généralement divisé en deux : entre les supporters du Barça et les fans du Real, ou encore entre les ultras du Wydad et les tifosis du Raja (les deux clubs phares de Casablanca)… ce soir, tout le monde est derrière l’équipe nationale.

« La RDC, on va en faire une bouchée »

Les pronostics vont bon train : « La RDC, on va en faire une bouchée », s’enthousiaste Adil, la quarantaine, transitaire dans la vie et oracle footballistique à ses heures perdues. « Ils ont intérêt, j’ai parié 1 000 dirhams sur une victoire du Maroc 2 – 0 », rebondit Hassan qui travaille dans les médias. « T’es malade ! Ce n’est pas évident. Il n’y a plus d’équipe facile en Afrique », réagit Said, entrepreneur.

Au coup d’envoi, un silence religieux règne dans le café dont les trois téléviseurs crachent le commentaire de la voix marocaine de BeIn Sport, Jawad Badda. Moins de deux minutes plus tard, Mbarek Boussoufa, milieu des Lions de l’Atlas, arme son pied gauche, tire vers les buts congolais… le ballon rebondit sur la barre transversale, les clients sautent de leur siège en hurlant. C’est alors que les commentaires – débat des téléspectateurs reprennent de plus belle.

À la reprise, les Lions sont moins décisifs dans les duels, plus brouillons dans les relances et peu inspirés dans la construction de jeu

Ligne d’attaque décimée des Lions par les blessures, qualités du coach national Hervé Renard (double champion de la CAN), non convocation de Hakim Ziyech (star de l’Ajax Amsterdam), bi-nationalité de la plupart des joueurs de l’équipe nationale… Les sujets de controverse ne manquent pas. Les discussions sont ponctués par ces gloussements propres aux matchs de football « Aieayaye…. Ouuuh…Waaa », au rythme des timides actions des poulains de Hervé Renard.

Espoir et désilusion

Fin de la première mi-temps. Pause dans les vestiaires pour les joueurs au nouveau stade d’Oyem au Gabon (livrés quelques jours avant le début de la compétition) et queue devant les deux urinoirs de La Presse, à 6 300 kilomètres de la pelouse, pour vidanger les litres de bières descendues en première période. À la reprise, le match est moins animé, l’ambiance dans La Presse aussi… Les Lions sont moins décisifs dans les duels, plus brouillons dans les relances et peu inspirés dans la construction de jeu. Ils vont se faire surprendre à la 55e minute quand Junior Kabananga pousse le ballon dans les filets du portier marocain.

Coup de massue pour les téléspectateurs de la Presse. Jusqu’à la dernière minute du temps additionnel, ils vont pourtant s’accrocher à l’espoir de voir les Marocains revenir au score, avant de se résigner à une défaite 1-0. « Ils peuvent rentrer chez eux, la CAN c’est fini pour nous ! », commente Hassan. « Oui, avec ce jeu, on va se prendre une raclée contre le Togo et la Côte d’Ivoire », approuve son compagnon de table. Le bar commence déjà à se vider : ce soir, il n’y aura pas de troisième mi temps… l’ambiance n’est pas à la fête.

Fahd Iraqi

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