Le Mozambique ne pourra pas rembourser les intérêts de sa dette souveraine

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Le Mozambique a annoncé lundi qu’il ne serait pas en mesure de régler mercredi 18 janvier, comme prévu, les 60 millions de dollars d’intérêts d’un emprunt souverain.

« Le ministère de l’Économie et des Finances du Mozambique souhaite informer les détenteurs des 726,5 millions de dollars de titres […] émis par la République, que le paiement d’intérêts d’une valeur de 59,7 millions de dollars dus le 18 janvier ne sera pas honoré », indique plus précisément un communiqué du ministère.

Dans le document, le ministère rappelle qu’il a déjà alerté en octobre ses créanciers de la « détérioration de la situation macroéconomique et fiscale » du Mozambique, qui affecte ses finances publiques.

« La capacité de remboursement de dette du Mozambique qui en résulte est donc extrêmement limitée en 2017, et ne lui permet pas de payer les intérêts des titres », ajoute le communiqué.

L’affaire des tuna bonds

L’emprunt souverain de 726,5 millions de dollars avait été émis en mars 2016 pour restructurer un emprunt contracté trois ans plus tôt par une entreprise privée à capitaux publics, Ematum. Cette opération de restructuration a conduit à la révélation en avril 2016 de l’existence d’ 1,4 milliard de dollars supplémentaires de dettes cachées, contractées également par des entreprises à capitaux publics, pour financer un ambitieux programme militaire.

Ces révélations avaient entraîné le gel de l’aide budgétaire des principaux bailleurs de fonds du pays, y compris le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale. Le FMI a rouvert des discussions pour un nouveau programme d’aide en décembre 2016, mais a posé comme condition la réalisation d’un audit international indépendant. Il doit rendre ses conclusions en février 2017.

Censée relancer le secteur de la pêche au thon dans l’océan Indien, le long des quelque 3 000 km de côtes mozambicaines, Ematum avait levé 850 millions de dollars (environ 630 millions d’euros) en 2013 auprès de Crédit suisse et du russe VTB, grâce à une garantie généreuse des autorités. Mais les banquiers ont déchanté. I

ls se sont aperçu que six des trente bateaux acquis par Ematum étaient des patrouilleurs militaires que le Mozambique n’avait pas réussi à financer jusqu’alors. Pis : le modèle économique d’Ematum s’est révélé catastrophique, la société n’atteignant péniblement que 5% de ses objectifs.

Par jeuneafrique

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