Tchad : le procès en appel de Hissène Habré s’ouvre à Dakar

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Le procès en appel de l’ex-président tchadien, condamné le 30 mai 2016 à la prison à vie pour crimes contre l’humanité par un tribunal spécial africain à Dakar, s’ouvre ce lundi.

La présence à la barre de Hissène Habré, lundi 9 janvier, devant le tribunal spécial africain, à l’ouverture de son procès en appel, demeure incertaine. « C’est la grosse inconnue », a indiqué à l’AFP Marcel Mendy, porte-parole des Chambres africaines extraordinaires (CAE), créées en vertu d’un accord entre l’Union africaine (UA) et le Sénégal, où Hissène Habré s’est réfugié après avoir été renversé en décembre 1990 par l’actuel président tchadien Idriss Deby Itno.

« Habré estime que cela ne le regarde ni de près, ni de loin. Il ne va pas comparaître. On verra si la Chambre usera de la force pour le faire venir comme la dernière fois.», a de son côté déclaré l’un des avocats désignés par l’ex-président tchadien, Ibrahima Diawara.

Les avocats du prévenus boycottent le procès

Contraint par la force publique à comparaître en première instance, l’ex-président tchadien avait opté pour uns défense de rupture et refusé tout au long de son procès de s’exprimer devant les CAE, une juridiction qu’il récuse. Face à son refus d’être représenté, le président de la Cour, un magistrat burkinabè, Gberdao Gustave Kam, avait désigné trois avocats commis d’office pour assurer sa défense.

Ce sont ces trois avocats qui ont fait appel de sa condamnation. « Nous avons motivé notre appel par des vices de forme, des violations de la loi et (des droits) de la défense, des erreurs de procédure », a expliqué à l’un d’entre eux, Me Mbaye Sène.

Les avocats désignés personnellement par l’ex-président tchadien continueront, eux, comme en première instance, à boycotter les débats lors du procès en appel. Un procès « pour les avocats d’office », estime ainsi Me Ibrahima Diawara.

La défense appelle huit témoins

Après un propos introductif du président lundi, la parole sera donnée à la défense, puis aux parties civiles et au parquet, avant que le procès ne se conclue par les plaidoiries des parties civiles puis de la défense.

La défense avait demandé l’audition de huit témoins, dont Idriss Déby Itno et Khadija Hassan Zidane, qui avait affirmé pendant le procès avoir été violée par Hissène Habré lui-même. Son témoignage avait convaincu la Cour.

La chambre d’appel devra également examiner un appel des parties civiles portant sur les conditions d’attribution des réparations.

Verdict définitif

Le 30 mai 2016, l’ancien dictateur tchadien à la retraite avait été reconnu coupable de crimes de guerre, crimes contre l’humanité, tortures et viols. Condamné à la détention à perpétuité, il avait ensuite été condamné en juillet 2016 à verser entre 10 et 20 millions de francs CFA (soit entre 15 000 et plus de 30 000 euros) par victime.

Les débats devraient durer plusieurs jours, la décision finale étant attendue le 30 avril au plus tard. Au terme du procès en appel, le verdict sera définitif. En cas de condamnation, Hissène Habré purgera sa peine au Sénégal ou dans un autre pays de l’Union africaine (UA).

Par jeuneafrique

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