Alors que très peu d’informations sont communiquées par les enquêteurs, les médias allemands n’en finissent plus de distiller de nouvelles révélations sur l’auteur de l’attaque du marché de Noël à Berlin. Avec cette certitude désormais : les autorités connaissaient bien avant l’attentat le degré de dangerosité d’Anis Amri.

Avec nos correspondants à Rome et à Berlin, Anne Le Nir et Julien Méchaussie

En Allemagne, chaque jour qui passe apporte son lot de nouvelles révélations. En kiosques ce vendredi 30 décembre, l’hebdomadaire Der Spiegel dévoile qu’Anis Amri était dans le viseur des autorités dès l’été 2015. Soit très peu de temps après son arrivée en Allemagne. La police de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, dans l’ouest du pays, disposait alors déjà d’indices sur des contacts entre le Tunisien et l’organisation Etat islamique.

Jeudi 29 décembre, des investigations menées de concert par le quotidien Die Süddeutscheet deux chaînes de télévision publiques sont venues confirmer à quel point les autorités allemandes se sont trompées sur le principal suspect de l’attentat de Berlin.

Liens avec l’EI

Et ce malgré une surveillance dès le printemps 2016 et un incroyable faisceau d’informations : des recherches sur Internet effectuées par Anis Amri sur la fabrication de bombes, l’offre faite à des représentants du groupe Etat islamique de commettre un attentat-suicide, ou encore l’utilisation de six identités différentes.

Autre révélation : le terroriste présumé était fiché au système d’informations de l’espace Schengen depuis son arrivée en Italie, en 2011. Dans ce dernier pays, il avait passé quatre ans en prison pour avoir incendié une école. Sa fiche mentionnait son interdiction de séjour dans l’espace Schengen. Ce qui ne l’a pas empêché de se rendre en Allemagne. Mais aussi avant l’attentat de Berlin, au moins une fois en France.

Enquête en Italie

Pendant ce temps-là, en Italie, les recherches se poursuivent sans relâche. Jusqu’à présent, les perquisitions menées dans des zones entre Rome et Naples, où Anis Amri aurait séjourné l’an dernier, n’ont pas donné de résultat.

Pour le procureur antiterroriste et antimafia, Franco Roberti, le Tunisien aurait pu garder des contacts noués en prison, avec des milieux criminels, experts dans la fabrication de faux papiers ou susceptibles de fournir des refuges.

« Les organisations terroristes et mafieuses ont des activités communes », rappelle-t-il. L’Italie est un pays de soutien logistique qui se renforce en tant que tel, d’autant plus que, selon lui, « l’Europe nous a laissés seuls dans les politiques d’accueil et d’intégration des migrants ».

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