Les pays producteurs de pétrole Opep et non-Opep se sont mis d’accord pour baisser leur production en 2017 afin de faire remonter les cours. La Russie, le plus important producteur non-Opep, y avait de toute façon intérêt.

Les pays producteurs de pétrole non membre de l’Opep se sont engagés à réduire leur production de 558 000 barils par jour. La Russie, actuellement troisième producteur mondial avec environ 11,2 millions de barils par jour, s’est engagée à une réduction par paliers, moins 50 000 barils jour en janvier 2017, moins 200 000 barils jour en mars, et enfin moins 300 000 jour en mai. C’est un sacrifice très relatif pour la Russie qui n’a jamais produit autant.

Jusqu’alors, vendre beaucoup à bas prix lui permettait d’engranger des dollars. Mais les stocks mondiaux sont remplis. Et surtout la Russie a intérêt à ralentir sa production car ses gisements sont vieux et fatigués. Certains sont en voie d’épuisement. Un phénomène accéléré par les prix bas. Les experts prévoient une baisse de la production de 50 millions de tonnes à 476 millions de tonnes d’ici 2035.

Et la Russie n’a pas les moyens de mettre en exploitation de nouveaux gisements complexes, difficiles d’accès, qui nécessitent une technologie qui lui manque, et que les compagnies étrangères ne peuvent pas fournir à cause des sanctions.

Un baril à 55 dollars, tel que l’envisage le ministre de russe de l’Energie, serait une bonne chose pour la Russie. L’Etat russe va devoir convaincre les compagnies privées de réduire leur production. La plus importante, Lukoil, soutient la proposition du ministère de l’Energie d’une baisse d’un peu moins de 3% par rapport au niveau actuel. Dans un premier temps, Lukoil pourrait perdre plus de deux milliards de dollars, mais si le baril atteint 52 dollars, les pertes seront compensées dès 2017.

L’accord entre pays Opep et non-Opep est une première depuis 2001. Un accord historique, d’après la conférence des pays de l’Opep, un accord obtenu grâce au rapprochement de l’Arabie saoudite et de la Russie, ce dont s’enorgueillissent les Russes.

Mais pour la Russie, le problème de fond qui est celui de l’assainissement de son secteur pétrolier n’est pas réglé, un secteur ni public, ni privé, enjeu de décision politique. Mais les récentes privatisations dans ce secteur montrent qu’il n’y a pas de volonté pour l’instant d’en terminer avec ce système opaque.

Muriel Pomponne

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