Le Brexit, un des grands enjeux européens en 2017

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Les négociations qui aboutiront au divorce entre le Royaume-Uni et l’Union européenne seront un des grands enjeux de l’année 2017. Comment s’annoncent-elles ? Quelles sont les grandes décisions attendues l’année prochaine sur le dossier Brexit ? Décryptage.

On attend d’abord le déclenchement de l’article 50 par la Première ministre britannique, Theresa May. Elle promet de le faire avant la fin du mois de mars 2017. Le fameux article 50 du traité de Lisbonne définit la procédure de sortie d’un pays de l’Union. Il donne deux ans au Royaume-Uni pour conclure et ratifier un accord. Ce qui amène à entériner le Brexit, le vrai, en mars 2019. Tout cela à condition que Theresa May puisse vraiment activer l’article 50 avant la date prévue. Dans cette course contre la montre, la Cour suprême britannique pourrait ralentir le tempo. Elle dira le mois prochain si le Parlement doit être consulté ou non pour approuver le plan de sortie de Theresa May.

Myriam Benlolo Carabot, professeur à l’université de Nanterre et spécialiste du droit européen, estime cependant que « même si la Cour suprême décide qu’il faut passer par un vote du Parlement, Theresa May peut avoir fin mars la possibilité d’activer l’article 50 ». « On n’imagine pas que l’issue du vote lui soit défavorable. Elle a le soutien de sa majorité, et puis les députés travaillistes auront beaucoup de mal à s’opposer au Brexit, car la majeure partie de leur électorat a voté pour la sortie de l’Union au mois de juin dernier », précise-t-elle. « Par contre, il y aurait un débat, il y aurait des clarifications, qui pour l’instant ne sont pas là. »

Theresa May entretient-elle sciemment un flou sur sa stratégie ? Que cherche-t-elle à obtenir de l’Union ? Sur quels points pourrait-elle lâcher du lest ? Des questions sans réponses pour l’instant. Les députés attendent donc de pied ferme le premier discours de Theresa May, au mois de janvier.

Des clarifications attendues

Du côté européen, on demande également à la Première ministre britannique d’éclaircir sa stratégie. A l’instar de Michel Barnier, l’ex-commissaire européen français à l’Agriculture est désormais le négociateur en chef de l’UE pour le Brexit. Lors de sa première intervention en public, le 6 décembre, il déclare : « Ce nouveau partenariat, c’est d’abord aux Britanniques de nous dire comment ils l’imaginent. Tant que nous ne savons pas ce que les Britanniques sont prêts à demander et à accepter pour ce futur partenariat, c’est difficile de parler d’une période transitoire. Il faut d’abord connaître les dimensions, le contenu de cette nouvelle relation pour imaginer comment la préparer. »

Michel Barnier alerte aussi Theresa May. Il sera intransigeant quant à l’accès au marché commun des entreprises britanniques après le Brexit. « Le marché unique et ses quatre libertés (circulation des biens, des services, des capitaux et des hommes, ndlr) sont indivisibles. Le picorage n’est pas une option. » Le négociateur en chef de l’Union pour le Brexit prévient : si Theresa May restreint la liberté de circulation des Européens au Royaume-Uni, les entreprises britanniques n’auront en retour plus d’accès libre au marché commun. Si, et seulement si, le Royaume-Uni et l’Union ne concluent pas un nouvel accord commercial après le Brexit. Ce serait alors le rétablissement de tarifs douaniers pour les biens, les services et les capitaux venant d’outre-Manche.

La City restera leader

Or, depuis le référendum, en juin dernier, des entreprises de la place financière londonienne menacent de quitter la capitale britannique si des barrières sont rétablies. Mais pas de panique pour la City. En 2017, et même plus tard, Londres restera le leader financier du continent européen, selon Nicolas Mackel, directeur de Luxembourg for Finance, l’agence de promotion de la place financière du Grand-Duché. « Il n’y aura pas de délocalisation de banques entières », analyse-t-il. « Les établissements financiers présents à la City y ont une infrastructure et un vivier de talents qu’ils ne sont pas prêts à déplacer ailleurs. Ils vont simplement se constituer des unités à l’intérieur du marché commun, à Paris, Francfort ou Luxembourg, pour traiter des affaires nécessaires. »

Pour éviter une éventuelle fuite d’entreprises après le Brexit, le gouvernement de Theresa May promet une baisse de l’impôt sur les sociétés d’ici 2020. En réponse, des entreprises comme McDonald ont déjà annoncé l’implantation d’une holding à Londres. Pour profiter de l’aubaine.

Par RFI

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