Au Brésil, la démission d’un homme-clé du gouvernement, Geddel Vieira Lima, dénoncé pour trafic d’influence, a relancé vendredi 25 novembre la crise politique qui frappe le pays depuis trois années. Le président Michel Temer est accusé d’avoir exercé des pressions en sa faveur dans une affaire patrimoniale privée.

Pour la sixième fois depuis que le gouvernement de Michel Temer a été mis en place en août dernier, un ministre a présenté sa démission. Geddel Vieira Lima, secrétaire du gouvernement et homme de confiance du président de centre droit Michel Temer, a annoncé dans une lettre aux médias avoir présenté sa démission, « après une profonde réflexion ».

Sa position était devenue intenable après les accusations de trafic d’influence portées contre lui la semaine dernière par le ministre de la Culture, Marcelo Calero, qui a quitté le gouvernement pour marquer sa désapprobation.

Des pressions contre un projet immobilier

Ainsi, l’ancien ministre Calero a accusé son collègue d’avoir exercé sur lui des pressions pour qu’il demande à l’Institut du patrimoine historique, un organisme dépendant de son ministère, d’approuver un projet immobilier à Salvador de Bahia (nord-est). Dans une déposition à la police fédérale, il a par ailleurs accusé le président Michel Temer de l’avoir personnellement poussé à intervenir dans ce contentieux privé en faveur de monsieur Vieira Lima.

De son côté, le porte-parole de la présidence, Alexandre Parola, a démenti toute pression du président Temer sur l’ex-ministre Calero. Il a affirmé que le chef de l’Etat avait seulement tenté de résoudre « l’impasse » entre les deux hommes pour « éviter des conflits au sein de son équipe ».

« Destituer une présidente »

Cette nouvelle crise intervient dans un climat politico-judiciaire à nouveau très tendu au Brésil. « Ces trois dernières années, il y a eu la révélation d’une crise sociale, politique et économique. Mais concrètement quelles ont été les réponses à ce problème ? Ça a été surtout destituer une présidente, qui malgré ses erreurs, a été légitimement élue », analyse Gaspar Estrada, directeur exécutif de l’OPALC (Observatoire politique spécialisé sur l’Amérique latine et les Caraïbes).

« Aujourd’hui, une partie des Brésiliens ne reconnaissent pas la légitimité du président Michel Temer. On voit bien que dans la classe politique, les affaires ont repli de plus belle, les leçons n’ont pas été apprises, il n’y a pas eu de réformes du mode de fonctionnement de la vie politique », explique l’expert, avant de conclure : « Cette affaire met en lien une fois de plus que la classe politique brésilienne a utilisé la corruption en tant que prétexte pour Dilma Roussef, mais aujourd’hui rien n’a changé. »

RFI avec AFP

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