Le pape François accueilli dans un contexte tendu à Tbilissi

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La première étape du voyage du pape François en Géorgie et en Azerbaïdjan, le 30 septembre, a été marquée par la rencontre avec le patriarche orthodoxe de Géorgie, Ilia II, dans un contexte pour le moins un peu tendu.

Avec notre correspondant à Tbilissi,Aymeric Pourbaix

A la sortie de l’aéroport, quelques banderoles agressives, certes isolées, mais bien visibles. Sur l’une d’entre elles, on lit ce slogan : « la visite du pape François est une agression spirituelle ».

Bien sûr, il serait réducteur d’y voir un peuple géorgien, en majorité orthodoxe, vent debout contre le pape. Mais cela révèle quand même une certaine défiance vis-à-vis de Rome.

C’est dire que le pape François marche sur des œufs lorsqu’il aborde cette rencontre avec le patriarche. L’Eglise orthodoxe géorgienne, assez indépendante, s’est en quelque sorte repliée sur elle-même ces dernières années. Pour prendre un seul exemple, c’est la seule Eglise orthodoxe qui ne reconnaisse pas le baptême catholique.

Tout cela, le pape l’a donc en tête, mais il aime les défis, les périphéries. Il sait aller chercher la brebis perdue, celle qui est la plus éloignée. Et c’est pourquoi il a pris le ton chaleureux de l’amitié, et de la foi commune au Christ, lors de sa rencontre avec le patriarche. Très recueilli, il est allé puiser dans le très riche patrimoine religieux et culturel de la Géorgie, qui remonte aux premiers siècles du christianisme, afin de se concilier les bonnes grâces des orthodoxes et souligner leur proximité spirituelle avec les catholiques.

Et si l’on en croit les amabilités échangées à la fin de la rencontre, cela n’a pas trop mal réussi.

Le pape François s’est incliné sur une icône, pendant sa rencontre avec le patriarche orthodoxe Ilia II, à Tbilissi, le 30 septembre 2016.REUTERS/David Mdzinarishvili

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