Congo-Brazzaville: que fuient les populations du Pool?

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Depuis une dizaine de jours, les violences se multiplient dans le département du Pool, au Congo-Brazzaville. En témoignent ces centaines de personnes qui ont fui leurs villages ces derniers jours aux environs de Kinkala pour se réfugier en brousse ou rejoindre la capitale Brazzaville. Le porte-parole de la police accuse d’ex-combattants « ninjas », fidèles au pasteur révérend Ntumi – toujours recherché par les autorités – de multiplier les attaques contre des cibles civiles et militaires. Les proche du pasteur dénoncent « une occupation militaire » qui « asphyxie » les populations.

De jour en jour, la situation se dégrade dans le Pool.

Selon le porte-parole de la police congolaise, quatre membres des forces de sécurité y ont été tués depuis le début de la semaine : deux dans l’attaque d’une ambulance sur la route Kinkala-Brazzaville, les deux autres à Mangola, alors qu’ils gardaient un site chinois de construction de la route Brazza-Pointe Noire.

Si tout le monde s’accorde à reconnaître une dégradation de la situation, les versions divergent quant à la nature exacte des violences.

Ce vendredi encore, toujours selon le porte-parole de la police, des « ninjas » ont attaqué un train de marchandises sur l’axe Loulombo-Kikembo. Trois gendarmes ont été tués, selon une source sécuritaire. Une version que Gustave Nitou Samba, représentant en France du révérend Ntumi, conteste. Selon lui, le train a déraillé.

Des sources diplomatiques confirment en tout cas une recrudescence des attaques depuis dix jours. L’entourage du révérend Ntumi ne nie pas, mais préfère parler « d’accrochages ». Un proche du révérend explique que c’est la conséquence de « l’asphyxie » imposée aux populations du Pool par une armée « omniprésente » depuis six mois. « Les jeunes sont exaspérés », explique-t-il, accusant l’armée d’avoir repris les bombardements vendredi aux environs de Kinkala.

L’information n’est pas confirmée de source indépendante. L’accès à la zone est difficile. Certaines sources confirment en tout cas « une riposte d’envergure ». Le porte-parole de la police ne confirme ni n’infirme, mais il promet que « l’opération de sécurisation va se poursuivre », car « on ne peut laisser impuni ce que font les ninjas ».

Une chose est sûre : les mouvements de population ont repris et de nombreux jeunes habitants du Pool risquent de ne pas aller à l’école pour la rentrée prévue lundi 3 octobre.

Par RFI

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