Le djihadiste malien jugé coupable de la destruction de mausolées à Tombouctou

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Ahmad Al Faqi Al Mahdi a été jugé coupable par la Cour pénale internationale (CPI). Les juges l’ont condamné à neuf ans de détention.

C’est un verdict historique. Les juges de la Cour pénale internationale (CPI) ont reconnu le djihadiste malien Ahmad Al Faqi Al Mahdi coupable de la destruction de mausolées classés au patrimoine mondial de l’humanité à Tombouctou. « Considérant notamment sa participation directe à de nombreux incidents et son rôle en tant que porte-parole pour les médias », les juges ont estimé que l’accusé était « coupable », a affirmé le juge Raul Pangalangan. « M. Al Mahdi, le crime pour lequel vous avez été reconnu coupable est très grave », a affirmé le juge avant d’ajouter « la chambre vous condamne à neuf années de détention ».

La procureur avait affirmé pendant le procès que l’accusé, né vers 1975, était un membre d’Ansar Dine, l’un des groupes djihadistes liés à Al-Qaïda qui ont contrôlé le nord du Mali pendant environ dix mois en 2012, avant d’être en grande partie chassés par une intervention internationale déclenchée en janvier 2013 par la France. En tant que chef de la Hisbah, la brigade islamique des mœurs, il aurait ordonné et participé aux attaques contre les mausolées, détruits à coups de pioche, de houe et de burin. Cette brigade est accusée par des organisations des droits de l’homme de s’être livrée à des crimes contre l’humanité, incluant des crimes de torture, des viols et la mise en esclavage sexuel de femmes de Tombouctou. Au début du procès, ces organisations ont regretté que les charges contre Al Madhi ne soient pas élargies pour inclure ces crimes.

Un procès inédit

Pour ses avocats, l’accusé est pourtant « un homme honnête » qui, à un moment donné, « s’est trompé ». « C’est un homme qui voulait construire quelque chose de mieux », avait affirmé Jean-Louis Gilissen lors de sa plaidoirie. L’accusation avait requis entre neuf et onze ans de détention, soit une peine reconnaissant à la fois la gravité du crime et la collaboration de l’accusé. La défense s’était engagée à ne pas interjeter appel si la peine décidée par les juges se trouvait effectivement au sein de cette échelle.

Fondée à partir du Ve siècle par des tribus touareg, tirant sa prospérité du commerce caravanier, la ville de Tombouctou est devenue un grand centre intellectuel de l’islam et a connu son apogée au XVe siècle. Ce procès, le premier pour destruction de biens culturels, a vu une avalanche d’autres primeurs : premier accusé à reconnaître sa culpabilité, Ahmad Al Faqi Al Mahdi est le premier djihadiste présumé à être jugé à La Haye et le premier accusé dans le cadre du conflit malien. Mais même si la liste des sites en danger ne cesse de s’allonger, d’autres poursuites ne seront pas évidentes. Ni l’Irak ni la Syrie n’ont signé le Statut de Rome, le traité fondateur de la CPI. Sans décision de l’ONU, aucune enquête n’est possible.

lepoint.fr

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