Hongrie: le procès fabriqué d’un migrant syrien accusé de terrorisme

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En Hongrie, le gouvernement nationaliste et populiste de Viktor Orban appelle les Hongrois à voter dans dix jours contre l’accueil des réfugiés, que le gouvernement assimile systématiquement à des terroristes. C’est dans ce contexte que se tient le procès d’un père de famille syrien, Ahmed Hamed. L’homme est en prison depuis un an. Il est accusé de terrorisme par la justice hongroise. Des militants des droits de l’homme dénoncent un procès fabriqué. Pour Amnesty International, l’affaire est absurde.

Avec notre envoyée spéciale à Szeged,  Florence La Bruyère

Dans le couloir du tribunal de Szeged, au sud de la Hongrie, ils sont une vingtaine de jeunes activistes venus de Budapest. Ils attendent le procès d’Ahmed Hamed, un père de famille originaire de Syrie. « C’est important de témoigner notre solidarité. Et aussi d’essayer d’influencer la justice pour qu’elle libère Ahmed », estime un des activistes.

C’est avec des menottes et des chaînes aux pieds que Ahmed Hamed entre dans la salle. Il est accusé de terrorisme. L’an dernier, des affrontements ont opposé la police hongroise aux réfugiés. Ces derniers voulaient forcer le passage après la fermeture de la frontière. Ahmed est accusé de les avoir poussés à la rébellion. Mais plusieurs témoignages confirment qu’il a en fait calmé la foule. Son avocat demande son assignation à résidence, plutôt que la prison. La juge refuse.

Le sort de Ahmed laisse les habitants de Szeged indifférents. Beaucoup n’ont pas envie de voir de réfugiés dans leur ville, comme Zsuzsanna, une fonctionnaire locale.
« Moi, je suis désolée, mais je n’aurai pas envie de voir des migrants ici. Ce n’est pas une solution qu’ils restent en Europe », dit-elle.

 Le verdict du procès est attendu fin octobre. Ahmed risque entre 10 et 20 ans de prison.
Par RFI

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