La chemise immaculée de Bernard Henry Lévy (BHL) est tachée du sang de Kadhafi. Le Parlement britannique vient de publier un rapport affirmant que l’intervention en Libye a été faite sur une base falacieuse. Cameron, à l’époque Premier ministre a été complice, sans tenir compte de l’après Kadhafi.

C’est encore un rapport accablant qui vient d’être produit par la Commission parlementaire britannique sur la Libye. Les conclusions rendues publiques hier mercredi 14 septembre 2016 sont sans appel. Nicolas Sarkozy voulait simplement paraître légèrement plus grand qu’il ne l’est réellement. Du coup, il a commandité une intervention qui a mené à la liquidation du Guide libyen. Ce que dit Crispin Blunt, président de la commission des Affaires étrangères du Parlement britannique et membre du Parti conservateur de David Cameron, n’est pas tant différent de ce qui se disait déjà dans plusieurs palais de chefs d’Etat africains.

Les parlementaires anglais se basent, notamment, sur une conversation entre des officiers des services secrets français et Sidney Blumenthal, conseiller d’Hillary Clinton. A l’époque, en 2011, l’actuelle candidate à la Maison blanche était secrétaire d’Etat. Pour eux, les raisons qui ont poussé le président français à intervenir en Libye peuvent se résumer en 5 points :

1. Accéder au pétrole libyen
2. Accroître l’influence française en Afrique du Nord
3. Améliorer sa situation politique personnelle en France
4. Donner l’occasion à l’armée française de reprendre son rang
5. Contrer la prétention de Kadhafi à remplacer le leadership de la France dans l’Afrique francophone

La sixième raison: faire taire Kadhafi

Où est alors l’intérêt du peuple libyen que prétendait défendre Sarkozy qui a envoyé 20 Mirage bombarder Tripoli dès le lendemain du soulèvement de Benghazi?

A ces cinq raisons, les observateurs ajoutent une sixième. Car, Sarkozy n’avait certainement pas permis à Khadafi de planter ses tentes bédouines dans les jardins de l’Elysée gratuitement. On parlait d’un financement d’un montant de plusieurs dizaines de millions d’euros au profit de Sarkozy pour mener sa campagne électorale qui lui a permis d’accéder au Palais de l’Elysée. Kadhafi n’ayant pas sa langue dans sa poche, il fallait le faire taire en l’assassinant.

En somme, c’est sur la base d’un mensonge d’Etat que le Guide libyen a finalement été tué par les puissances occidentales et que la Libye a été transformée en bourbier. Une intervention sur fond de beaucoup d’amateurisme. Car, toujours selon le rapport, l’après Kadhafi n’a même pas été préparé. L’intervention a donc été faite sans tenir compte ni des forces en présence en Libye, ni de la menace islamiste.

Le plus navrant, c’est que Kadhafi l’a dit à plusieurs reprises. Sa mort allait signifier l’arrivée en Libye des islamistes. Personne n’y avait cru, à cause d’une propagande savamment menée et dont l’un des instigateurs est le philosophe à la chemise blanche, Bernard Henry Lévy. Personne n’a cru Kadhafi, sauf peut-être Sarkozy. Mais, lui savait exactement ce qu’il faisait, contrairement aux autres chefs d’Etat et de gouvernement qui l’ont suivi.

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