L’UE dans une mauvaise passe avant le sommet européen de Bratislava

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Débarrassés de la perpétuelle hypothèque britannique, les Vingt-Sept se réunissent vendredi 16 septembre à Bratislava pour un sommet post-Brexit. Au programme notamment, la redéfinition et la relance de la construction européenne dans un climat d’affaiblissement collectif sans précédent.

Avec notre bureau de Bruxelles,

La France et l’Allemagne restent les moteurs de l’opération, mais par défaut, puisque des trois autres grands pays, l’Italie et l’Espagne sont en proie à des crises profondes de politique intérieure, et la Pologne, elle, s’est rangée du côté des populistes.

Cet axe franco-allemand est lui-même limité dans son efficacité, compte tenu des élections présidentielles, législatives et sénatoriales au printemps en France, et des législatives à l’automne en Allemagne.

Ce n’est pas du côté des autres pays fondateurs qu’on peut espérer trouver la potion magique. Les Néerlandais et les Belges sont gouvernés par des coalitions fragiles, le Luxembourg, lui, ne peut pas redresser seul l’Union européenne.

Chypre est absorbée par ses réunifications, Malte engluée dans un énième scandale politico-financier, l’Irlande gênée par le Brexit sur sa frontière nord, et les trois pays baltes tétanisés par leur voisin russe. Enfin, le Portugal et la Grèce sont en déconfiture financière, Roumains et Bulgares s’extirpent de la corruption institutionnalisée, et l’Europe centrale et orientale est en pleine introspection identitaire. Avec de tels acteurs, la tâche s’annonce donc extrêmement difficile.

L’Union européenne « menacée de dissolution »

Pour le président du Parlement européen, Martin Schulz, « l’Union européenne est même menacée de dissolution ». « Les forces centrifuges sont là, existent, menacent l’Union. Il y a une perte de confiance des citoyens. Les gens qui travaillent dur, respectent les règles, et eux ne se sentent pas respectés. Ça, c’est un sentiment qui est partout, qui est omniprésent, regrette-t-il. Et malheureusement, l’Union européenne joue pour beaucoup le rôle de bouc émissaire. Cela amène à une sorte de méfiance profonde. Et si nous ne regagnions pas la confiance des citoyens, l’Union européenne sera affaiblie encore plus qu’aujourd’hui. La crise est grave. »

La relance par la défense

L’une des pistes pour relancer le projet européen que les vingt-sept chefs d’Etat et de gouvernement vont explorer est celle d’une défense commune. Pour le commissaire européen Pierre Moscovici, c’est désormais prioritaire : « Il y a cette Union de sécurité intérieure que nous voulons créer, avec un renforcement de toute sorte de contrôles aux frontières, qui doivent être mieux maitrisés. Nous sommes très actifs sur la lutte contre les armes à feu, le jihadisme, la radicalisation, le financement du terrorisme, mais sur l’amélioration du contrôle des fichiers de passagers et nous allons aller encore plus loin. »

« Il y a également la sécurité extérieure, poursuit le commissaire. Je pense qu’il y a des percées très importantes qui sont faites en matière de propositions d’une Europe de la Défense. Ça fait longtemps qu’on en parle, 60 ans maintenant. Et nous arrivons à un moment où nous sentons bien que l’Europe doit être protectrice et qu’elle doit être capable d’assurer la sécurité des citoyens et de mutualiser un certain nombre de fonctions de défense commune. Et la proposition d’un fonds pour développer la recherche, l’innovation dans le domaine de la défense, va tout à fait dans ce sens-là. Je crois qu’il y a une vraie feuille de route qui est donnée. » Reste à trouver un consensus.

Par RFI

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