Libye: le croissant pétrolier sous le contrôle des forces du général Haftar

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Martin Kobler, le représentant des Nations unies en Libye était à New York. Il a briefé en privé le Conseil de sécurité sur la situation alors que les forces non gouvernementales commandées par le général Haftar se sont saisies des quatre terminaux du croissant pétrolier. A la situation sécuritaire très volatile en Libye s’ajoute maintenant un risque d’effondrement économique. C’est donc un message d’unité que Martin Kobler a lancé au peuple libyen.

Avec notre correspondante à New York,  Marie Bourreau

Le général Haftar, qui a saisi avec les forces qui lui sont fidèles les terminaux pétroliers du nord-est libyen, a pour l’instant toujours refusé de rencontrer l’envoyé spécial des Nations unies en Libye. C’est pourtant à lui que s’adresse entre les lignes Martin Kobler.

Il faut encourager une cessation des hostilités et une armée nationale libyenne unie, a-t-il plaidé devant le Conseil de sécurité « et tous les Libyens doivent reconnaître le gouvernement d’union nationale comme le seul organe exécutif légitime ».

« Les divisions », ajoute-t-il, ne peuvent que participer à la déliquescence d’un pays toujours fragilisé par une crise politique qui oppose le gouvernement d’union nationale soutenu par l’ONU et les groupes armés dont le général Haftar est l’un des représentants.

La prise de contrôle du Croissant pétrolier est un coup dur pour l’ONU qui craint maintenant une crise économique. Le pétrole est l’unique source de revenus en Libye. Jamais les exportations n’ont été aussi basses. La Libye ne produit plus que 200 000 barils par jour contre 1,4 million avant la révolution, a rappelé Martin Kobler qui a demandé aux troupes fidèles au général Haftar d’éviter d’endommager les infrastructures pétrolières.


Colère des tribus contre la communauté internationale

En Libye, où l’on en compte 115, les tribus ont un poids non négligeable. Mardi, elles ont publié un communiqué apportant leur soutien aux forces du général Haftar et exprimant l’étonnement des Libyens face à la position occidentale concernant le pétrole.

Al-Tayeb Charif Khayrallah, le porte-parole de tribus de l’Est :

« Nous nous interrogeons concernant la position de la communauté internationale et des pays occidentaux après leurs communiqués. Notre position à nous est connue, cette armée est la nôtre, elle est formée de nos enfants. Ce qu’elle a pu réaliser dans le Croissant pétrolier est le résultat d’un grand effort et nous la remercions. Le pétrole était dans les mains des milices extrémistes qui ont fait du chantage à tout le monde. La richesse du pays était bloquée depuis plus de deux ans et la Libye a perdu 100 milliards de dollars. Ses milices qui occupaient les champs pétroliers n’ont rien à voir avec l’Etat. Elles ne la reconnaissent pas. Mais malheureusement, la communauté internationale a traité avec elle, Kobler, l’émissaire de l’ONU en premier. Le gouvernement de Tripoli n’est pas un gouvernement d’entente nationale, c’est le gouvernement des milices et il est dirigé par les frères musulmans et par l’islam extrémiste et combattant. C’est entre l’Occident et ce gouvernement que l’entente est passée et non pas entre ce gouvernement et les Libyens. Nous sommes la moitié de la Libye et nous n’avons pas été conviés au dialogue national. Ce cabinet n’est toujours pas reconnu par le Parlement qui est l’autorité exécutive élue et reconnue. »

Par RFI

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